Ali Harter - B R OAD WAY et Quatuor Pli

novembre 24, 2008 by media  
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En première partie de cette soirée, une jeune chanteuse, Ali Harter, nous emmène au grès de ses balades tendances country, dans un univers très intimiste. Sa voix, mélange de KT Tunstall et Colbie Caillat, pousse la note aussi bien dans les aigües que dans les graves.

Ses performances à la guitare sont parfois victimes de petites pertes de tempo mais son assurance et l’aisance qu’elle semble afficher en jouant permettent de rester en accord avec ses mélodies.

Une impression de lassitude ne se fait pas ressentir car chaque chanson est précédée d’une petite mise en condition, pointée de note d’humour. Une petite gorgée d’un verre, à première vue de coca, (la distance entre la scène et le public ne permettant pas de sentir si ce dernier est aromatisé avec un quelconque alcool frelaté), une petite explication et hop, en avant la musique.

Pour exemple, cette chanson dédiée à sa meilleure amie alcoolique dont le mari musicien n’a jamais rien écrit pour elle. Une autre gorgée et hop, elle explique pourquoi elle joue du country (bien que son style est bien plus recherché que le country classique) plutôt que du jazz ou du rock.

Ce petit bout de femme, aux allures de rebelle a su convaincre par son charisme et sa bonne humeur. Seule avec sa guitare, un spot l’éclairant simplement, son verre dont le contenu restera à jamais secret, elle occupe l’espace et l’on se laisse aller au grès de

L’entrée dans la grande salle du Fil se fait dans un brouhaha commun à toutes les entrées pour un concert. Les mélomanes s’installent doucement avec pour seul éclairage, les lumières des sorties de secours et la scène éclairant les instruments.
Jusque là, rien de bien extraordinaire.

Puis entrent en scène les musiciens du Quatuor Pli qui s’emparent des différents violons et violoncelle présents sur l’estrade. On pourrait s’attendre pour les néophytes ne connaissant pas le principe de ce groupe, à une douce symphonie de philharmonique, mais il n’en est rien. Des sons torturés commencent à raisonner dans les lieux.

Grincements, couinement et autres bruits de craquement, pouvant parfois faire penser à des cris d’animaux envahissent l’espace… Au même moment sur l’écran géant, on peut observer une vidéo se mariant parfaitement avec les sons stridents émis par les cordes frottées. Le spectateur ne sait plus qui jouent, les images ou les personnes sur scènes?

Il ne manquerait plus que la voix de Guy Chapelier pour se croire tout droit plonger dans un épisode de la quatrième dimension. C’est alors que Broadway fait son entrée.

Un air propre au groupe vient s’additionner aux sons régnants et ce n’est pas la voix de Guy qui raisonne mais celle de Fabb, chanteur des Broadway. Il commence à déverser son phrasé rapé et la chaleur de sa voix contraste avec les effets sonores produits par les cordes.

Les accords déchirés du Quatuor Pli se joignant aux musiques de Broadway pourraient être comparés au titre du roman de Tolstoï, Guerre et Paix.

La vidéo en arrière plan entre dans le même optique. Une juxtaposition de différentes images vient confirmer l’adage “quelques grammes de finesse dans un monde de brut”.On voit entre autre, des danseuses étoiles, symboles de grâce et de beauté projetées sur fond rouge sang; des foules révoltées se mêlent aux visages passionnés des musiciens sur scène dans un désordre pourtant bien calculé.

Pour certains morceaux, l’addition des trois donne une impression de transe. Images, sons et musiques joués tels des écorchés vifs, donnent envie de sauter de se prendre la tête entre les mains et se révolter, contre quoi? Là est la question, on ne sait pas trop au juste mais l’impression est là.

Il ne s’agit pas d’un concert mais d’un spectacle, d’un concept. Il est clair que si l’on vient voir ce duo sans être averti, on peut se laisser surprendre et rester coi. La rencontre entre Broadway et Quatuor Pli sans oublier l’ajout de la vidéo a un avantage certain, elle ne peut laisser indifférente. Il ne faut pas oublier non plus qu’ils jouaient dans le cadre du vernissage de l’installation végétalisée de Tristan Sebe et par conséquent, la musique se devait d’être expérimentale et futuriste afin de coïncider parfaitement avec le contexte.

Les sentiments se soir là étaient diverses et variés. Soit dénie totale, pour les adeptes de musique aimant une certaine fluidité harmonique, ou à contrario, adhérence soumise pour ce concept musical torturé et transcendant.

Bien que n’étant pas spécialement emballée, soit par manque d’ouverture d’esprit ou un certain radicalisme artistique, je dois reconnaître cependant qu’il faut aller les voir pour comprendre et se faire son propre avis. Une chose est sûre, le travail de mise en scène est assez spectaculaire, la présence des artistes est indéniable sur scène et les deux groupes ont des fans bien avertis qui se sont laissés embarquer dans leur monde. L’ambiance générale dans cette salle ce soir là était bien contagieuse et permettait de rallier même les plus incrédules.

Live : B.B. King et Bono au Kodak Theatre

octobre 29, 2008 by media  
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Ils ont été le point d’orgue de la soirée caritative du Thelonious Monk Institute qui comprenait un concours de saxophones ainsi que la participation d’Herbie Hancock, Robert Cray et bien d’autres.

Invitez donc Bono et Edge à une soirée en hommage à B.B. King, et il y aura de grandes chances qu’il y ait du “Rattle and Hum” dans l’air.

Les heureux fans de musique qui assistaient au concert de charité annuel du Thelonious Monk Institute au Kodak Theatre dimanche dernier, on pu voir un King âgé de 83 ans soutenu par un parterre de stars du jazz et du blues ainsi que par la moitié du plus grand groupe au monde, interpréter une version détonante de “When Love Comes to Town”, à l’origine présente sur le célèbre album de U2 sorti en 1988, Rattle and Hum.

Ce fut le point fort de cette nuit dédiée au “The Blues and Jazz : Two American Classics”, un programme organisé par cet institut centré sur sa 21e compétition annuelle de saxophone et sur un potpourri en direct interprété par la crème de la crème du monde du jazz et du blues.

Les trois finalistes rivalisant pour un prix package comprenant un contrat d’enregistrement, et une bourse de 20.000 dollars ont joué devant une salle pleine à craquer. L’enflammée Dee Dee Bridgewater les a rejoint, testant les talents d’improvisation au moyen d’un véritable feu d’artifice de notes hautes.

C’est Jon Irabagon qui s’est attribué les grâces du jury bien que le public semblait lui préférer Quamon Fowler.

Au début de la deuxième partie de cette soirée, Bono et Edge sont montés sur scène pour accepter le prix de l’humanitaire d’Herbie Hancock au nom de l’associé de Microsoft devenu bienfaiteur de Experience Music Project Paul Allen. Et un Bono toujours aussi loquace de plaisanter : “Nous ne sommes pas aussi intelligents mais je pense que nous avons meilleure allure.”

A partir de là, tout a été concentré sur l’influence musicale de la Nouvelle Orléans et du delta du Mississipi avec des interprètes tels que Terence Blanchard, Joe Louis Walker, Robert Cray et Keb’ Mo’.

Mais cette nuit appartenait avant tout à celui qui été hjonoré par le Founder’s Award, BB King, qui a entraîné tous les invités de la soirée incluant Hancock, Wayne Shorter et George Duke dans un final explosif. Alors que la musique diminuait jusqu’à s’achever, Bono a posé genou en terre devant le King et lui a juré fidélité ainsi qu’à sa fidèle compagne à six cordes, Lucille.

Un parterre d’étoiles du jazz et du blues a joué lors de la manifestation organisée par le Thelonious Monk Institute of Jazz au Kodak Theatre. Parmi les nombreuses vedettes de renom figuraient à partir de la gauche Dee Dee Bridgewater et Cassandra Wilson, le guitariste B.B. King (assis), et Bono, à droite.

Institut Cervantès de Fès : Une soirée de jazz a été interprétée par la chanteuse Franco-africaine Cécile Verny Quartet

octobre 16, 2008 by media  
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La célèbre chanteuse Franco-africaine, Cécile Verny Quartet, s’est produite récemment à Fès lors d’un concert de jazz organisé par l’institut français de Fès.

Accompagnée de son trio remarquable composé de Bernd Heitzler (contrebasse), Torsten Krill (batterie et percussion) et de Andreas Erchinger (claviers/ piano), Cécile Verny Quartet a offert, devant un public nombreux un brassage particulier de Jazz, de poésie et de couleurs africaines.

Elle a ainsi de façon cohérente présentée lors de cette soirée artistique, son nouvel album intitulé “Amoureuse”, qui succède à “The Bitter and the Sweet”, CD pour lequel le groupe a reçu en 2006 le prix allemand de la critique du disque.

Jazz Nomades - La Voix est libre 2008. Première soirée…

août 28, 2008 by media  
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Le théâtre des Bouffes du Nord, cet antre somptueusement déglingué aux couleurs d’intérieur orientaliste, est sans doute le meilleur lieu pour ce “mélange adultère de tout” qu’est un festival Jazz Nomades.

La programmation concoctée par Blaise Merlin ne ressemble à aucune autre. Jugez-en : ce premier soir, nous avons eu un astrophysicien philosophe, un oud hero comme il y a des guitar heroes, une danseuse soufie, un chanteur du Rajasthan, 199 définitions du mot Dieu, un percussionniste faussement brouillon, un trio méditerranéen… et pas de raton-laveur, mais peu s’en faut. Le tout donnant un curieux sentiment de cohérence, pourtant. Une cohérence qui se trouve dans le fil conducteur du festival : la voix. Parlée ou chantée, dite, peu importe : libre.

Trinh Xuan Thuan est astrophysicien. Collectionneur de nébuleuses, promeneur du cosmos, il vous parle des galaxies en spirale comme s’il s’agissait de ses petites nièces. De sa fréquentation de l’infiniment grand, il a tiré un enseignement qu’il vous fait partager, modeste et plein d’humour, sur la place de l’être humain dans le grand tout. En quelques diapositives, on passe de l’Antiquité pour laquelle la Terre reposait sur des colonnes - l’homme au milieu, le soleil tournant autour -, aux représentations actuelles - une infinité de systèmes solaires dans une infinité d’espaces… Histoire d’une sévère déconvenue ! Une désillusion libératrice, au bout du compte : Dieu joue aux dés, la nature improvise et voici : le jazz est la forme musicale la plus proche du fonctionnement de l’univers. On se disait aussi.

Badila rassemble des musiciens et une danseuse français, indiens et iraniens. Leur répertoire intègre les traditions de la Perse et du Rajasthan, mais aussi d’Afrique où le co-leader Bastien Lagatta a séjourné. Le groupe invitait ce soir-là Mehdi Addab, joueur de oud électrique, dont les ressources musicales sont indiscutablement pop-rock. Un riff emprunté à “Sunshine of Your Love” ou à “Machine Gun” de Hendrix, des textes déclamés sur des pentatoniques mi-arabes, mi-blues, des incursions latines… On avoue avoir été plus convaincue par Mame Khan Manghaniyar, dont les improvisations plus traditionnelles respirent la sincérité, que par la pop cosmopolite du groupe ou la danse “soufie” - inspirée des derviches tourneurs - d’Ava Farhang. Tout de même, la danseuse finit par ressembler aux galaxies en spirale chères à Trinh Xuan Thuan et cela, c’est plutôt sympathique.

Entracte. Retour. Dominique Pinon, comédien, lit les 199 définitions du mot Dieu de Valère Novarina. Le comique sourd lentement de la juxtaposition entre grandiloquence et dérisoire. Profondeur et trivialité s’annulent mutuellement au fil d’une impassible litanie qu’accompagnent les interventions frénétiques d’un Denis Charolles qui rappelle la coccinelle de Gotlib, arpenteur de scène au trombone, Zorro armé d’une tige filetée, remuant pêle-mêle arrosoirs, cloches, sourdines. Les feuilles de papier tombent, Charolles se mue en Sisyphe à la grosse caisse, Pinon s’écrie “Mort à la mort !” ; on applaudit Novarina, Victor Hugo, les interprètes.

Enfin, la Méditerranée faite improvisation. Le gnawi Majid Bekkas, chanteur, joueur de guembri et d’oud et l’Alicantin Ramon Lopez, batteur, qui ne comptent plus les aventures communes (hommage à Rahsaan Roland Kirk en 2002, La Cité Invisible avec Pedro Soler en 2003, trio avec Joachim Kühn depuis 2007… ) étaient rejoints par un Lyonnais de marque : Louis Sclavis. Des problèmes très visibles de retours scène ont pollué les premiers instants, rendant difficile la concentration des trois musiciens. Puis, autour d’un thème de Bekkas, les rôles s’établissent. Le Marocain installe les grooves, Sclavis cherche dans ses clarinettes des échos de hautbois arabe, parle dedans, se lance dans une composition instantanée ; Lopez, joueur, ponctue, reprend la mélodie sur ses toms, amorce un solo, repart dans le collectif. L’improvisation fait éclater la structure des morceaux, Sclavis retrouve des impressions d’Afrique et semble vouloir prendre le leadership. On en redemande, le trio revient avec Majid Bekkas à la kalimba, la salle est ravie. C’est fini mais ce n’est pas fini : ça dure trois jours, on reviendra demain.