Festival de jazz de Québec : encore une fois, Monsieur Jones!
À pareille période l’an dernier, Oliver Jones se produisait à Lévis, dans le cadre du premier Festival jazz Etcetera. Cette année, il a traversé sur la Rive Nord pour jouer sous l’enseigne du Festival de Jazz de Québec. Deux spectacles en deux ans, donc, et un même plaisir partagé : celui de presser les touches d’ivoire et d’ébène en compagnie de son trio.
Ceux qui croyaient que le maître Oliver servirait un plat musical identique à celui de l’an passé faisaient fausse route. Certes, le pianiste tourne toujours avec deux complices et défend des compositions du récent One More Time, or cette fois, son batteur régulier, Jim Doxas, était de la partie, avec le contrebassiste Éric Lagacé. Et en un an, les trois musiciens ont continué de faire évoluer leur matériel et d’affiner leur complicité.
Avec l’humour qui le caractérise, le leader a prévenu le public que ses gars étaient fatigués de leur récente tournée en Asie. En fait, c’est davantage Jones lui-même, en ouverture, qui a semblé ennuyé par une douleur à la main gauche. Or, il n’a pas été long à trouver sa fluidité et à donner la réplique à ses jeunes loups sur des pièces rythmées comme D for Doxas ou sur des reprises de son mentor, feu Oscar Peterson. Il a par ailleurs servi un très beau medley de ballades, s’achevant sur une What a Wonderful World tout en subtilités.
Qu’importe la direction que notre homme a prise, ses deux musiciens étaient prêts à le suivre avec aplomb et assurance. Pas étonnant que le public lui ait vivement demandé, à l’instar du titre du récent album de Jones, «encore une fois», lorsque le jazzman a quitté la scène.
Trudel-Bourbonnais
La pianiste Marianne Trudel et l’harmoniciste Lévy Bourbonnais se sont chargés de chauffer la salle pour Oliver Jones. Mettant de l’avant des pièces impressionnistes, souvent aériennes et saupoudrées de mélancolie, les deux artistes ont joué davantage sur les atmosphères et les combinaisons harmoniques que sur les soli spectaculaires pour rendre leur répertoire. Du coup, il a été possible d’apprécier le mariage singulier du piano et de l’harmonica, ainsi que ses possibilités. Les spectateurs, conquis, ont réservé une ovation chaleureuse à la pianiste originaire de Saint-Michel-de-Bellechasse et à son complice.
Satori à Québec
Enfin, en tout début de soirée, nous nous sommes imprégnés une petite heure durant de la poésie colorée de Patrice Desbiens. On a savouré son écriture profondément humaine, où la comédie rejoint le drame et où le questionnement identitaire s’immisce dans le quotidien. Tout ça par l’entremise des voix de Nathalie Lessard et d’Alix Renaud et du jazz défendu par un quatuor solide, composé notamment de Normand Guilbeault à la contrebasse et de Raynald Drouin à la batterie.
Festival de jazz de Québec : l’orgue qui swingue
septembre 12, 2008 by media
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L’orgue Hammond B3 est une denrée rare ces jours-ci sur la planète jazz. Aussi le passage de Joey DeFrancesco, digne héritier de Jimmy Smith, était-il bienvenu hier, au Palais Montcalm. Débarquant avec une proposition éclectique, le musicien a chauffé son instrument à bloc, rappelant ses innombrables possibilités.
Son orgue, Joey DeFrancesco la conduit comme s’il était à bord d’une voiture de course. Sa pédale de volume devient l’accélérateur; les touches de son clavier, le volant. Il ne peut réprimer un rire complice quand il fait une manœuvre dangereuse et prend un malin plaisir dans les excès de vitesse que sont les envolées virtuoses.
C’est avec une formation singulière que le jazzman américain s’est présenté. Un trio orgue, piano et batterie, auquel s’est éventuellement ajoutée une chanteuse. Le costaud musicien n’a pas été long à montrer la pertinence de son équipe. Après une première pièce hautement dynamique, il est toutefois passé bien près de nous perdre. Son pianiste Pat Bianchi a sorti son clavier pour livrer une ballade avec des sons new age sur lesquels DeFrancesco apposait des lignes de trompette. Heureusement, le jazzman est revenu à l’orgue et a bâti un crescendo qui a sauvé la pièce du naufrage, pour ensuite nous servir une sympathique When You’re Smiling. Le point culminant de la soirée? Sans contredit sa reprise époustouflante de Black Nile, de Wayne Shorter, où son jeu et celui de Landham étaient impeccables.
Bourassa et Rochette
François Bourassa est monté sur les planches un peu plus tôt pour un spectacle en deux parties. Il a d’abord accompagné la chanteuse Jeanne Rochette avec son quartet pour un bref tour de chant. À mi-chemin entre la chanson française et le jazz, les compositions de Rochette auront eu le mérite de démarrer la soirée sans prétention: l’humour était au rendez-vous autant que la rigueur musicale. Pendant que l’interprète incarnait ses pièces avec un plaisir évident, la bande de Bourassa leur donnait forme en finesse.
Ensuite, Bourassa et son trio nous ont amenés sur un autre territoire avec trois pièces tirées du récent album Rasstones. Elles ont toutes été bien livrées et bien senties. Les soli étaient invariablement pertinents, pétris de créativité et de recherche mélodique. La salle, qui n’était vraiment pas gagnée d’avance, s’est finalement levée au terme de l’excellente pièce-titre, interprétée avec aplomb.
Québec Jazz
septembre 9, 2008 by media
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8 septembre 2008 (QIM) - En seulement deux ans, et à la faveur des célébrations du 400e anniversaire de Québec, le Festival de Jazz de Québec connaît un développement qu’on peut qualifier de spectaculaire: La deuxième édition du FJQ qui affiche cette année cinquante spectacles, la plupart gratuits, en huit lieux, permet aux organisateurs de l’événement de présenter celui-ci comme « le plus important festival de jazz à l’est de Montréal », du 10 au 14 septembre!
Outre le Largo resto-Club, qualifié à juste titre de Maison du jazz dans la Capitale et où se produiront le Cas G.B., Michael Kaeshammer, le Trio Michel Donato, Warren Smith Trio, le Normand Guilbeault Ensemble et Vanessa Rodrigues, les murs jazzeront également au Palais Montcalm où se tiendront les concerts du Volet Prestige (Quintette Janis Steprans, Alain Caron Quartet, Quartette François Bourassa et Jeanne Rochette, Joey DeFrancesco Quartet, Lorraine Desmarais Trio, Tierney Sutton Band, Oregon, Duo Trudel-Bourbonnais, Oliver Jones Trio) en plus de l’exposition Arts sur rue présentée dans le hall, au pub Saint-Alexandre (Les Doigts de l’homme, Mardi-Gras Band, Trio Encore, David Parker & the Shuffle Demons, Hot Potatoes, André Larue Électrik Band, Kirbo), au Déluré (Julie Vandal & Frank Gilbert, Kirbo, Les Associés), de même que sur le Parvis de l’Église Saint-Roch (Les Doigts de l’homme, Troubadour Dixiefest, le Stage band de l’École de musique Troubadour, Trio Nathalie Gauthier), et sur la scène adjacente des Terrasses, rue du Parvis (Mardi-Gras Band, Les Doigts de l’homme, Jazz Culture Club, Sébastien Champagne & Esquisse, Greenhouse, Les Associés).
Une soirée spéciale rendra hommage à Patrice Desbiens alors que Nathalie Lessard et Alix Renaud se feront les voix du poète pour la présentation Satori à Québec au Café-spectacle du Palais Montcalm, le 14 septembre à 18h. Les deux porteurs de mots seront soutenus par la complicité musicale de Normand Guilbeault, Raynald Drouin et Vincent Gagnon.
Québec au rythme du jazz
août 20, 2008 by media
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Le Festival de jazz de Québec pousse à vitesse grand V. Fort d’une association avec le Palais Montcalm et avec la Société du 400e, la deuxième présentation de l’événement mettra à l’affiche une cinquantaine de spectacles, dont 40 gratuits. C’est donc à une programmation deux fois plus costaude que celle de l’an dernier que le public aura droit du 10 au 14 septembre.
Les organisateurs du festival avaient convié la presse hier pour déballer la seconde portion de leur programmation, où les talents québécois sont à l’honneur. Ainsi, au Café-spectacles du Palais Montcalm, on proposera l’hommage à Patrice Desbiens intitulé Satori à Québec (14 septembre). Nathalie Lessard et Alix Renaud réciteront les vers du poète, accompagnés d’un solide quatuor.
Le pub Saint-Alexandre accueillera une série de performances gratuites. On pourra notamment y entendre le quatuor français Les Doigts de l’homme (10 et 13), au répertoire manouche; le trio Encore (11), avec Steve Normandin (accordéon), Pierre Côté (contrebasse) et Léandre De Celles (clarinette); David Parker & The Shuffle Demons (11), de même que le André Larue Électrik Band (12). En Basse-Ville, le Largo sera le pivot des activités, avec six shows. Notons le passage du pianiste ontarien Michael Kaeshammer (10); du trio de Michel Donato (11), qui célèbre cette année ses 50 ans de carrière; du vibraphoniste new yorkais Warren Smith (12), en trio avec Pierre et Michel Côté; ainsi que l’hommage à Mingus, concocté par Normand Guilbeault (13).
Le parvis de l’église Saint-Roch sera par ailleurs l’hôte de concerts gratuits les midis et les après-midi. Des représentations sont également prévues sur la scène des terrasses, rue du Parvis, ainsi qu’au Déluré, à Charlesbourg.
La grande question que l’on peut se poser, c’est est-ce que l’association avec le 400e, forcément éphémère, peut faire craindre une décroissance du Festival l’an prochain? Le président, Gino Sainte-Marie, assure que non.
«Nous avons eu de l’aide du 400e pour notre volet québécois. L’idée était de laisser un petit héritage en nous permettant d’offrir du jazz gratuit, mais nous avons une équipe qui travaille là-dessus (sur le financement) et nous faisons attention à la croissance.»
D’autre part, l’association avec le Palais Montcalm est là pour durer, soutient le coordonnateur à la programmation de l’institution, Dominique Soutif. Pour lui, l’union entre l’événement et la salle de spectacles allait de soi, étant donné que le Palais s’intéresse au jazz à longueur d’année.
«Nous avons fait un pas énorme avec un budget limité, ajoute-t-il. L’an prochain, ce sera sûrement différent, car nous pourrons faire des demandes de subvention.»
La programmation dévoilée hier s’ajoute aux concerts annoncés il y a quelques semaines, à savoir le quintette de Janis Steprans et le quatuor d’Alain Caron (10), le quartette de François Bourassa avec Jeanne Rochette et celui de Joey DeFrancesco (11), le trio de Lorraine Desmarais et le Tierney Sutton Band (12), Oregon (13) et le trio d’Oliver Jones et le duo Trudel-Bourbonais (14). Les billets pour ces concerts, présentés au Palais Montcalm, sont disponibles au coût de 45 $ et de 12,50 $ pour les 29 ans et moins. Un forfait pour l’ensemble des spectacles est également disponible au coût de 200 $.
Tous les détails au www.jazzaquebec.ca.




