Tanjazz en photos

Ecrit par media le 4 juin 2008 – 9:44 -

C’est sur un mur, en photos et sur fond de musique jazz que la mémoire du festival Tanjazz défile sous vos yeux. Abritée par une salle de l’ex palais My Hafid à Tanger, cette rétrospective réunit une centaine de photos signées Pascal Bouclier et Jean-Luc Poudou.

La portée nostalgique de cette exposition pleine de souvenirs est accentuée par son mode de diffusion exceptionnel : Un projecteur qui fait danser les photos sur un mur blanc. Bercé par les mélodies swingantes du jazz, le spectateur confortablement installé devant cet écran plonge à corps perdu dans la mémoire festive de l’événement. Des scènes des différentes éditions, aux parades dans les rues, en passant par les concerts en plein air et les clubs conviviaux tenus dans les hôtels de Tanger, les photos retracent l’histoire jeune de Tanjazz. Avec leurs objectifs infaillibles, les deux photographes se sont emparés de l’âme du festival et l’ont retranscrite sous forme de clichés pleins d’émotion.

«J’ai couvert l’ensemble des concerts pour mon plus grand plaisir visuel et auditif», écrit Pascal Bouclier pour décrire cette aventure artistique. Des propos qu’il illustre si bien, avec Jean-Luc Poudou, avec des photos débordantes de vie. Traquant les gestes des grands artistes qui ont défilé à Tanjazz, les deux photographes n’ont pas manqué d’immortaliser l’intensité du moment. Stacy Kent, Robin Mckelle, Omar Sosa… ils ont su capter avec beaucoup de sensibilité toute l’émotion qui se dégageait de leurs prestations tangéroises. Un tantinet voyeuristes, leurs objectifs se faisaient parfois indiscrets et révèlent une autre vision insoupçonnable de ce qui se passe sur scène et dans les coulisses. Toujours à l’affût de ce cliché tant désiré et si fortuit, ils orientent leurs objectifs vers le public, vers la ville.

Se promenant dans les ruelles de Tanger, Boucler et Poudou vont prendre la vie en photo. Leurs clichés représentant le public des parades et de cette communion avec les jazz bands sont impressionnants d’énergie. Les visages pleins de joies des enfants, la gestuelle fougueuse des jeunes, les regards contemplateurs des plus vieux…

c’est tout un spectre d’attitudes et de réactions qui se lit sur la pellicule. Bon recours pour tous ceux qui n’ont pas pu assister aux différentes éditions de Tanjazz, cette belle rétrospective donne l’impression de voyager dans le temps et de suivre l’évolution de l’événement, de son organisation et de son public. Dans «l’album de famille», nous découvrons les hommes et les femmes qui ont donné à Tanjazz son identité. Les clichés des membres de l’organisation en pleine action, dans leur moment de détente et de petite folie, confèrent au festival son côté humain. Côté public, l’objectif ne rate rien et rapporte tout le plaisir, toute la surprise et parfois la déroute des spectateurs en état de découverte bien apparente. La scène et ses personnages hauts en couleurs ont leur place de choix dans l’exposition.

Pris en flagrant délit de créativité, le passage des artistes à Tanjazz est immortalisé. Les photos à bout pourtant de Bouclier et Poudou rapprochent de ces êtres «intouchables» en les humanisant. Si parfois les angles, la lumière et les procédés de prise les subliment, les deux photographes savent modérer en glissant de petits clins d’œil par ci et par là. Tanjazz c’est aussi des situations insolites, c’est de la bonne humeur et beaucoup de décontraction. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la section des clubs de Tanjazz et on découvre un univers vivant où se joignent convivialité et bonne musique. Il faut dire que le festival a là son feed back de ses neuf ans d’existence, en images, avec beaucoup de sincérité et sans détours !

Rappelons que Pascal Bouclier est diplômé de l’école Louis Lumière à Paris. Il s’est vite spécialisé dans la nature morte en studio. Le travail minutieux de la lumière, la recherche de rendus originaux et le travail des matières le passionnent tous les jours. Photographe indépendant, Bouclier travaille sur commande. Il gère les montages et les retouches en même temps que la prise de vue. Ses spécialités et son sens de la mise en lumière l’amènent à travailler régulièrement en publicité pour de grandes marques telles Paco Rabanne et Jean-Paul Gaultier. Mais l’artiste ne se limite pas à ça et poursuit un travail personnel sur les musiciens de jazz.

L’expérience de Tanjazz en est la belle démonstration. Amoureux de l’art dans toutes ses représentations, Jean Luc Poudou est un artiste qui aime à prendre les artistes en photos. Après sa belle exposition intitulée «On danse» dans laquelle il restitue l’ambiance de spectacles chorégraphiques, il renouvelle l’expérience en accompagnant Tanjazz et ses protagonistes. Pour ce traqueur de grâce, tout geste est un prétexte de création, une occasion, un instant exceptionnel à immortaliser et à faire durer par la force de l’objectif.

Il faut reconnaître que Poudou a ce flair rare qui lui permet
de prévoir la beauté d’un geste et la grâce de son rendu une fois pris en photo. Toute son œuvre est fondée sur ce talent d’exception.
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«Jazz is female»

C’est l’intitulé de l’autre exposition qui a lieu en marge du festival Tanjazz. Signée Cédric De Lievre, cette exposition réunit une série de dix petits portraits à l’encre de chine de femmes chanteuses de Jazz.
On y trouve les visages de Rickie Lee Jones, de Carmen McRae, de Billie Holiday, Ethel Waters, Kitty Kallen, Nina Simone et bien d’autres.
Avant d’arriver à Tanger, ces peintures ont été présentées à la jazz Station qui a
inauguré le Brussels Jazz Marathon en 2007 au centre de Bruxelles.


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