nTENDANCE- Evéements musicaux de l’été : Les grandes notes de l’acoustique
septembre 6, 2008 by media
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En hibernation depuis des années, la musique acoustique semble reprendre du poil de la bête depuis pas mal de semaines, comme en l’an 2000 avec le fameux tube de Pape et Cheikh. Usure de la reine mbalax ou effet des médias, les avis des acteurs sont partagés.
ls se produisent dans de grands festivals et sur des scènes prestigieuses de la planète pour donner à la musique sénégalaise une plus grande visibilité. En procédant à un dosage plus ou moins prononcé entre tradition et modernité, ils ont pu à leur manière séduire au-delà de leurs frontières. Et trouver une place sous le soleil de la World music. Avec une musique qui a parfois des accents pop, jazz ou folks, l’acoustique au Sénégal dispose aujourd’hui d’un réservoir de talents suffisants capable de rayonner sur le plan international. En tout cas, cette année, l’acoustique a effectué une entrée fracassante sur la scène nationale où, sans aucune prétention de redonder, la musique mbalax fait loi. Tout au début de l’été musical sénégalais, Wazis Diop avec sa voix râpeuse, détimbrée, est revenu après dix ans d’absence pour afficher sa joie de vivre «Juddo beek». L’artiste pionnier des métissages world au début des années 70, joue les vieilles prières sahéliennes, en flirtant avec le rock et la pop. Sans être une super star comme Youssou N’Dour, le frère de Djibril Diop Mambéty fait partie des artistes africains les plus recherchés et admirés sur la scène musicale internationale. Voyageur infatigable et curieux, Wasis Diop promène en permanence son subtil jeu de guitare et ses compositions raffinées à travers le monde.
Vieux Mac Faye (Vision), Idrissa Diop (Historia), Pape et Cheikh, Oumar Ndiaye «Xosluman» (Feel accoustic) et les Frères Guissé (Yakaar) ont joué dernièrement leurs notes acoustiques pour donner davantage d’épaisseur à un genre musical longtemps méconnu et timoré. L’époque semble aujourd’hui aux réjouissances pour la jeune génération symbolisée actuellement par le jeune Yoro Ndiaye qui ne cesse de subjuguer les mélomanes. Son dernier album (Yoon Wi) a fait l’effet d’une bombe avec un déploiement d’énergie et une maîtrise vocale impressionnante. Le jeune artiste, même si le marché mondial est devenu de plus en plus sélectif du fait de la baisse des ventes causée par l’innovation numérique, est sans doute perçu comme le futur ambassadeur de l’acoustique.
Révolution musicale ou simple effet de mode ? Dans nombre de cabarets et de boites de nuit, les artistes qui ont opté pour ce genre musical gagnent en audience. On ne s’offusquerait pas d’attribuer à un morceau de Yoro Ndiaye le titre de tube de l’été. Cette résurgence grandeur nature de cette musique faite à base des instruments acoustiques est le résultat d’une révolution des habitudes musicales des Sénégalais. Selon Moustapha Sow, le conseiller en communication du chanteur Idrissa Diop, cela est dû au fait que les Sénégalais ont acquis une maturité musicale qui leur permet de s’affranchir de la dictature du mbalax. «Les mélomanes sont vers eux. Les Sénégalais ont désormais une autre lecture de la musique», rajoute-t-il. Moustapha Sow considère que les sonorités acoustiques constituent une nouvelle offre musicale parce qu’elles «n’encombrent pas».


