Jazz in Vaux a atteint son rythme de croisière »

décembre 2, 2008 by media  
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Le deuxième concert de Jazz in Vaux aura lieu vendredi 12 décembre. Au mois d’octobre, le pianiste Fabrice Eurly a ouvert la saison 2008-2009 en jouant deux soirs de suite, une première pour le « Solstice d’hiver du jazz ». Cinq ans après sa création, en 2003, Marina Brousse, responsable de l’Office de tourisme, et Igor Bietry, en charge de la communication et de l’animation de Vaux-sur-Mer, font le point sur cet événement musical.

« Sud-Ouest ». Deux concerts consécutifs avec le même programme pour l’ouverture de la saison de Jazz in Vaux : était-ce une gageure ou une nécessité ?

Marina Brousse et Igor Bietry. Ni l’une ni l’autre. C’était une réponse au succès croissant de l’événement et à l’afflux de plus en plus rapide des demandes de réservations. L’année dernière, il nous est arrivé de clôturer les réservations d’un concert en moins de 40 minutes malgré les limitations draconiennes instaurées, avec l’ouverture des réservations dix jours avant les concerts, pour un seul concert et une seule table de 4 ou 6 personnes. Le Comité animation a décidé, à titre d’essai, de doubler le premier concert de cette saison afin de l’ouvrir au plus grand nombre.

L’expérience est-elle concluante ?

Avec 220 spectateurs pour les deux concerts, l’objectif est atteint car les conditions de sécurité imposées pour la salle ne permettaient pas de répondre à la demande en une seule soirée. On pourrait certes objecter que le « plein » n’a pas été fait chaque soir mais peut-être est-ce au profit d’un retour à l’ambiance plus intimiste des premières années… Quant au concert lui-même, c’est peu de dire qu’il a été un succès, avec trente minutes de rappel dès le premier soir pour cet artiste remarquable qui a enthousiasmé le public. De nombreuses réservations pour le lendemain ont d’ailleurs été le fait du « bouche à oreille », et des récidivistes !

La solution n’est-elle pas de produire les concerts dans une salle plus grande ?

Les organisateurs - la commission animation de la commune et l’Office de tourisme - avaient déjà étudié cette possibilité mais n’ont pas voulu prendre le risque de toucher à l’image de Jazz in Vaux, à son ambiance intimiste, qui a dès l’origine contribué à son succès.

Une programmation « ciblée » pourrait peut-être permettre de renouveler l’expérience, même si les aides reçues de la Région et de la Communauté d’agglomération ne sont pas extensibles, ni d’ailleurs le public pour ce genre musical… Au final, on peut considérer que Jazz in Vaux a atteint son rythme de croisière, qu’il répond bien à une attente à cette période de l’année tant par la qualité de la programmation que par le volume de concerts proposés.

Qu’avez-vous prévu pour le 12 décembre ?

Un concert unique cette fois, concocté par Carl Schlosser et un retour aux sources avec Daniel Huck Quartet : « Origine du jazz ». Ce quartet fera voyager dans le temps en recréant l’atmosphère des années 20 en sortant toutefois des sentiers battus et en réinventant comme les pionniers, le blues, le jazz, le rock & roll, le be-bop… sensations fortes assurées, avec Daniel Huck (saxo alto et chant), François Fournet (Banjo et guitare), Stéphane Seva (Washboard Planche à laver) et Bastien Still (basse à vent).

Renseignements et réservations : à partir du mercredi 3 novembre, Office de tourisme, 53, avenue de Verdun, 17460 Vaux-sur-Mer, tél. 05 46 38 79 05. Tarifs : 12 ?, mezzanine 10 ?.

Auteur : Jacques Braut

Un festival de jazz sans fausse note

novembre 28, 2008 by media  
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Cette année encore, la Maison de l’Isle a failli être trop étroite pour accueillir les amateurs de jazz de Saint-Denis-de-Pile et d’ailleurs. Plus de 200 personnes ont répondu à l’invitation de la Jazz Compagnie afin de découvrir des talents nouveaux, ou de revoir pour le plaisir, des formations déjà présentes l’an passé. Fidèle à son projet musical, pédagogique et culturel, cette association a présenté un éventail assez large des différents aspects du jazz et des musiciens non-professionnels qui les font vivre.

Nouveau répertoire

La formation a pris tous les risques en présentant une partie de son nouveau répertoire, travaillé depuis deux mois seulement. Le tout dans une nouvelle configuration puisqu’une chanteuse et un guitariste d’origine espagnole font désormais partie de cette formation élargie. Emmené par le leader formateur Fabrice Bernard, qu’on ne présente plus, chacun a donné le meilleur de lui-même pour remporter ce challenge.

Trompettiste londonien

S’en est suivie la formation JRDD, menée par le pianiste Jean-Marie Denis, non seulement enrichie d’un jeune guitariste dont on devrait entendre parler, mais aussi rejointe par un trompettiste londonien tout juste débarqué qui, sans préparation, a rejoint le quartet pour un « boeuf » tout en swing et en sensibilité.

Pour la première fois à Saint-Denis, le groupe Innvivo a enthousiasmé le public avec des compositions originales, une fraîcheur et une maîtrise technique époustouflantes chez des musiciens aussi jeunes mais déjà très aguerris.

En bouquet final, et pour la troisième année consécutive, le Boogie Blues Band, a été ovationné par les mélomanes présents dans la salle. Cette formation commence à avoir une réputation certaine dans la région et au-delà.

Logistique allégée

Malgré une logistique allégée - pas de repas, seulement des pâtisseries maison et quelques boissons - le succès de cette soirée ne se dément pas.

Ce festival est aussi une occasion de rencontres et d’échanges entre les musiciens et laisse présager des projets et des collaborations futures qui devraient se révéler passionnants. D’ailleurs, la prochaine édition de L’Isle en Jazz est déjà à l’étude, avec probablement un concept encore renouvelé. Car cette association a pour vocation, comme la musique de jazz, d’exprimer les mêmes choses, mais toujours de manière différente.

Le Jazz fait son cirque, spectacle musical comique et poétique

novembre 21, 2008 by media  
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La rencontre entre clowns et jazzmen proposée par Le Jazz fait son cirque (jusqu’au 4 janvier 2009 à l’Européen) est un succès total. Une découverte Obiwi.

Un max de mix

Les mélanges sont à la mode : les musiques urbaines se frottent au classique, l’opéra découvre les rythmes africains, l’électro envahit les théâtres. Parfois cela fonctionne, souvent cela tourne un peu à vide.

La rencontre entre clowns et jazzmen proposée par Le Jazz fait son cirque est un succès total. On savait que les clowns sont tous un peu musiciens ; on découvre, à l’occasion de ce concert loufoque et poétique, que certains musiciens sont de parfaits clowns.

Deux clowns…

Honneur aux nez rouges. Nicolas Bernard et Alain Reynaud, dignes représentants des Nouveaux Nez, maîtrisent toutes les facettes de l’art du clown. Expressivité incroyable (ou comment raconter toute une histoire d’un simple froncement de sourcils), adresse, capacités athlétiques… et dons de musiciens.

Nicolas fait merveille à la clarinette, mais également à la guitare, à la flûte ou au bugle ; Alain n’est pas maladroit à l’accordéon. Des arguments qui leur permettent de dialoguer sans complexe avec le trio de jazzmen.

… Et trois virtuoses

Côté “vrais” musiciens, on a droit à du bon, à du très bon. Éric Longsworth, cheveux blancs et sourcils noirs, élégance très “Pierre Arditti”, tire de son violoncelle les mélodies les plus souples comme les sons les plus incongrus.

Contrebassiste reconnu, Philippe Euvrard tire aisément profit de son physique de Woody Allen dégingandé.

Enfin, le percussionniste “Tiboum” Guignon, visage lunaire et vaste embonpoint, sait donner le rythme avec tout ce qui lui tombe sous la main, de la caisse claire aux maracas.

Quintet content

Les cinq acolytes prennent visiblement plaisir à jouer ensemble, à improviser, à se répondre. L’hilarité gagne parfois les musiciens – alors que les clowns, en professionnels aguerris du rire, conservent en toutes circonstances leur impassibilité.

La qualité musicale de l’improbable quintet est irréprochable, et justifierait à elle seule le billet. Mais on a droit en prime à des saynètes hilarantes. Un saxophone basse se transforme en éléphant, un violoncelle en instrument de percussion et un archet en arme de poing. Un numéro de dressage succède à un meurtre à coups de trompette ou à un duel de claquements de doigts. Les musiciens jouent debout, assis, allongés, perchés sur un tabouret ou sur les épaules de leur voisin. On s’énerve, on se poursuit, on se défie, mais toujours avec cette élégance décalée propre aux (vrais) clowns.

Et souvent, au milieu de ce tohubohu, naît une véritable émotion – comme lors de cette reprise guitare-voix de “Je suis seul ce soir”, tube désuet d’André Claveau, qui clôt en beauté cette excellente soirée. A partager !

La Jazz compagnie invite au swing

novembre 17, 2008 by media  
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Samedi 22 novembre, à 20 h 30, la Maison de l’Isle sera L’endroit où il faudra être. Pour la quatrième fois, la Jazz compagnie réunira à Saint-Denis-de-Pile des groupes non professionnels dont la passion est le jazz.

C’est cette même Jazz compagnie qui accueillera le public en présentant une partie de son nouveau répertoire, avant de laisser la place à ses invités. Si la Jazz compagnie n’est pas un groupe musical traditionnel, son projet demeure en grande partie culturel et pédagogique.

Les festivités se poursuivront avec la prestation du groupe JRDD Quartet. La formation de base, David Datcharry à la basse, Renaud Jouclard à la batterie, Jean-Marie Denis au piano, sera enrichie, cette année, par le jeune et impressionnant guitariste Thomas Renwick. Au programme, des standards dans des arrangements toujours originaux et élégants.

Groupes à gogo

Puis viendra l’heure du groupe de jeunes musiciens bordelais Innvivo (jazz, rock fusion et groove), qui devrait faire monter sensiblement la température avec des compositions personnelles et des reprises. Ce groupe (Hugo Raducanu à la batterie et au chant, Mathias Monseigne et Clément Laval aux guitares, Adrien Jarthon à la basse et Paul Robert au saxophone) s’est déjà produit assez souvent dans la région. C’est lors de l’une de leurs prestations que l’évidence de leur invitation est née.

Pour terminer en beauté, Le Boogie Blues Band, qui l’an passé avait complètement enflammé la Maison de l’Isle, reviendra avec un répertoire rénové, une énergie et un feeling toujours aussi impressionnants et communicatifs. Confiance est donc renouvelée à Fabien Lascombe à l’harmonica, Michel Reimbert, Pierre-Emmanuel Dupont et Stéphan Durand au piano, Raphaël Durand à la guitare et Alexandre Belin à la batterie.

L’octobre musical Concert du Canadien Michel Cardin

octobre 18, 2008 by media  
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Comme une perle rare
24 cordes, un manche long et une caisse gravée sur le modèle arabe. C’est ce à quoi ressemble le luth baroque sur lequel a joué le Canadien Michel Cardin, mercredi, à l’Octobre musical. Ce soir-là, à l’Acropolium, on a remonté le temps jusqu’à la fin du XVIe siècle, le début du baroque, à une époque où le luth prédomine comme instrument polyphonique soliste.

Sur scène, Michel Cardin considère son instrument comme une perle rare. Il le tient soigneusement, le regarde passionnément et ne cesse de raconter son histoire et d’expliquer ses caractéristiques idiomatiques (style brisé, mordants, accords roulés…) On apprend que ce dérivé du luth oriental est arrivé en Europe par l’Espagne, pendant la présence mauresque. Il a pris sa forme actuelle vers le XIVe siècle… Victime d’une image très élitiste et close, ainsi que de son manque de volume sonore, cet instrument a fini par disparaître jusqu’au XVIIIe siècle. L’essor de la musique ancienne jouée sur des instruments copiés d’instruments originaux a relancé l’intérêt pour le luth baroque.

«Le répertoire qui a été écrit pour le luth mérite d’être dépoussiéré. Il compte beaucoup plus d’œuvres que ce qui a été écrit pour le piano. C’est incroyable mais vrai», précise Michel Cardin. Les introductions furent longues, mais lorsque Michel Cardin joue, les paroles séchent devant l’harmonie des notes. Elles disparaissent pour laisser surgir la finesse d’une touche et l’élégance d’une musique. Le musicien canadien a commencé par jouer des œuvres de Silvius Leopold Weiss, le plus grand compositeur de musique pour luth baroque, contemporain de Bach. On a eu droit à deux partitions en ré mineur du Manuscrit de Dresde (Fantaisie et Prélude), suivies d’extraits de la suite Londres-solo n°14 en fa majeur (Sarabande, Prélude, Allemande). Michel Cardin a enchaîné ensuite avec d’autres compositeurs, à savoir, David Kellner, JS Bach, François Dufaut. Il a lui-même arrangé, pour cet instrument, deux thèmes anciens bien connus : Greensleeves et Canon de Pachebel.

Quand Michel Cardin gratte les cordes, il laisse résonner, à chaque fois, des notes aux diverses nuances qui semblent porter chacune une voix propre. Ce qui donne l’impression d’entendre dans une même phrase une foule d’instruments minutieusement dosés et en dialogue permanent. «C’est comme au jazz. Il y a peu de notes et beaucoup d’ornements», précise le musicien.
De cet instrument, s’exhale ainsi un univers aux sonorités chatoyantes qui rappellent la harpe ou encore l’orgue, un univers que le musicien qualifie «d’avant-gardiste où les sentiments et la sensualité surgissent des ères avant le Classicisme ou le Romantisme». Cette véritable mosaïque de couleurs et d’images est parfaitement reflétée dans le morceau de clôture «l’Amant amoureux» où «On pouvait sentir les larmes glisser sur les joues». Un morceau signé Weiss, qui avait procuré au Canadien une jouissance esthétique incroyable. «On racontait que, quand ce compositeur jouait, les gens s’évanouissaient de plaisir», observe le musicien. On n’en était pas là, certes, mais pour le plaisir, Michel Cardin avait sûrement raison

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