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LE 29E FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL | MELODY GARDOT
Ecrit par media le 21 juin 2008 – 10:50 -Y a-t-il une parcelle de beautĂ© enfouie sous les pires drames humains ? L’histoire de la jeune chanteuse pop-jazz Melody Gardot, pour qui la musique a Ă©tĂ© le remède miracle Ă un très grave accident de la route, nous montre que oui.

Nous sommes à Philadelphie, il y a quatre ans. Une étudiante en mode, Melody Gardot, se promène en bicyclette le long d’une route achalandée. Soudainement, une jeep exécute une manoeuvre dangereuse et fauche la jeune femme, la laissant sur le pavé dans un état pitoyable. À quelques minutes de la mort.
«J’ai été très gravement blessée, se souvient la chanteuse au bout du fil. On a dû m’hospitaliser pendant plusieurs mois.»
S’amorce alors pour la jeune femme une longue période de réhabilitation qui prendra un détour inusité lors de la visite d’un médecin spécialiste des traumatismes.
«Il a suggéré que je compose de la musique dans mes temps libres pour aider les connexions nerveuses endommagées à se refaire», dit Melody Gardot.
Petit à petit, le voile se lève sur un univers créatif tout nouveau qui sert d’exutoire à la convalescente. Elle se met à écrire des textes sur son accident, ses peines d’amour, son existence.
Ayant déjà brièvement foulé les planches de quelques cabarets jazz de Philadelphie, elle compose et habille des dizaines de mélodies.
Enfermée dans sa chambre d’hôpital, Gardot ne fait pas que poser les briques sur lesquelles sa carrière à venir allait reposer; elle recommence à vivre.
RECONNAISSANTE
Aujourd’hui, ces ritournelles créées entre les murs blancs d’une chambre d’hôpital se fondent en un album, Worrisome Heart, sympathique carrefour réunissant les éléments les plus pop du jazz aux envolées neosoul feutrés. On pense à Norah Jones ou à Leona Lewis, en moins éclatante.
«J’ai beaucoup d’inspirations, notamment les premières compositions de Janis Joplin, commente Melody Gardot, qui signe tous les textes et les musiques de son premier opus. Mais je fais mon propre art: c’est comme si je décorais ma maison avec de jolies draperies achetées à l’étranger.»
Elle n’a pas 23 ans et on sent déjà une grande maturité dans la douce voix de l’artiste. Au téléphone, la conversation s’engage avec un naturel désarmant, en toute innocence.
«Mon accident m’a appris à être patiente, dit-elle. Quand tu es en convalescence aussi longtemps, tu es cloué sur ton lit et tu ne peux pas guérir plus vite que ce que ton corps te permet.»
CICATRICES
Les cicatrices physiques empoisonnent encore la chanteuse. Elle est devenue hypersensible à la lumière, la forçant à porter en quasi-permanence des lunettes de soleil. Incapable de s’asseoir normalement pendant de longues périodes, elle doit utiliser un siège spécial pour donner ses concerts.
Mais Melody considère que le drame qu’elle a vécu lui aura finalement appris à garder espoir en la vie. «Je suis reconnaissante d’être encore vivante», lance-t-elle le plus simplement
Tags: jazz, LE 29E FESTIVAL INTERNATIONAL, MELODY GARDOT, Montréal
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