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LE 29E FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL | MICHEL DONATO
Ecrit par media le 28 juin 2008 – 9:14 -Cinquante ans. Une infime poignée de musiciens connaissent une aussi longue carrière, quel que soit le genre musical. Figure emblématique du jazz, ici comme ailleurs, et instrumentiste de première force, Michel Donato jette un regard sur son parcours et sur un passé révolu.

Cinquante ans de carrière, ça implique un certain âge, que Donato ne fait pas. De retour de chez son médecin au moment de notre entretien, le sympathique monsieur nous lance: «Faut checker la machine», qui, selon ses dires, se porte bien.
Donc, cette carrière, elle s’amorce à quel âge? «À 15 ans, répond Donato. Il y avait un environnement musical à la maison, puisque mon père était un musicien semi-pro, comme on disait dans le temps.»
Semi-pro, ça veut dire que Donato père jouait dans des clubs, dans des galas et dans des hôtels, ce qui représentait un débouché qui n’existe presque plus aujourd’hui. Mais semi-pro, ça veut aussi dire que papa Donato ne vivait pas que de ça. «Papa n’a jamais voulu prendre un salaire de chef, c’est pour ça qu’il avait un job de jour.»
PREMIÈRES ARMES
Ce ne fut jamais le cas du jeune Michel. Dès qu’il eut fait ses premières armes, il ne regarda jamais plus en arrière. Un emploi de jeunesse au défunt magasin Steinberg fut «la seule job de ma vie», dit-il.
Dans les années 1950 et 1960 à Montréal, les musiciens de jazz tenaient le haut du pavé et avaient l’occasion de vivre de leur talent.
«Il y a toujours eu des gens qui ont gravé des disques et fait des spectacles, mais c’était plus facile parce qu’il y avait plus d’occasions. Premièrement, il y avait beaucoup plus de clubs en activité où les musiciens de jazz pouvaient se faire entendre. «Puis, au début des années 1960, une émission comme Jeunesse d’aujourd’hui permettait à des tas de musiciens de s’exprimer. Et bon nombre de musiciens de jazz ont aussi eu l’occasion d’accompagner des chansonniers», note celui qui s’est livré à cet exercice avec Gilles Vigneault et Claude Gauthier.
ABONDANCE
«Il y avait plus de clubs, plus d’occasion de jouer et plus d’abondance. Juste pour la télévision, il n’y avait que le 2 (Radio-Canada), le 6 (CBC), le 10 (Télé-Métropole) et le 12 (CTV), mais chaque réseau avait son propre talk-show avec toute son équipe. Aujourd’hui, il y a Belle et Bum et Bons baisers de France, l’été.» Il y avait aussi un autre débouché pour les musiciens de l’époque: «Les commerciaux. Ça représentait une autre façon de vivre de ton instrument. »
Pour Donato, qui s’est imposé sur disque en tant qu’accompagnateur, soliste, duettiste et leader, les mouvances du temps et des goûts du public ont peut-être eu moins de prise que sur certains de ses confrères. N’empêche, quand il regarde le portrait actuel du jazz, il a un petit pincement au coeur.
«La situation des bars et des clubs n’a presque pas changé depuis des années. On reçoit presque le même prix pour jouer aujourd’hui qu’il y a 20 ans.»
Pourtant, jamais Donato n’évoquera le passé en parlant du bon vieux temps. C’est peut-être le propre du jazz, qui a cette faculté d’être intemporel. Le bon temps, c’est souvent l’instant présent.
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LE 29E FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL | MELODY GARDOT
Ecrit par media le 21 juin 2008 – 10:50 -Y a-t-il une parcelle de beauté enfouie sous les pires drames humains ? L’histoire de la jeune chanteuse pop-jazz Melody Gardot, pour qui la musique a été le remède miracle à un très grave accident de la route, nous montre que oui.

Nous sommes à Philadelphie, il y a quatre ans. Une étudiante en mode, Melody Gardot, se promène en bicyclette le long d’une route achalandée. Soudainement, une jeep exécute une manoeuvre dangereuse et fauche la jeune femme, la laissant sur le pavé dans un état pitoyable. À quelques minutes de la mort.
«J’ai été très gravement blessée, se souvient la chanteuse au bout du fil. On a dû m’hospitaliser pendant plusieurs mois.»
S’amorce alors pour la jeune femme une longue période de réhabilitation qui prendra un détour inusité lors de la visite d’un médecin spécialiste des traumatismes.
«Il a suggéré que je compose de la musique dans mes temps libres pour aider les connexions nerveuses endommagées à se refaire», dit Melody Gardot.
Petit à petit, le voile se lève sur un univers créatif tout nouveau qui sert d’exutoire à la convalescente. Elle se met à écrire des textes sur son accident, ses peines d’amour, son existence.
Ayant déjà brièvement foulé les planches de quelques cabarets jazz de Philadelphie, elle compose et habille des dizaines de mélodies.
Enfermée dans sa chambre d’hôpital, Gardot ne fait pas que poser les briques sur lesquelles sa carrière à venir allait reposer; elle recommence à vivre.
RECONNAISSANTE
Aujourd’hui, ces ritournelles créées entre les murs blancs d’une chambre d’hôpital se fondent en un album, Worrisome Heart, sympathique carrefour réunissant les éléments les plus pop du jazz aux envolées neosoul feutrés. On pense à Norah Jones ou à Leona Lewis, en moins éclatante.
«J’ai beaucoup d’inspirations, notamment les premières compositions de Janis Joplin, commente Melody Gardot, qui signe tous les textes et les musiques de son premier opus. Mais je fais mon propre art: c’est comme si je décorais ma maison avec de jolies draperies achetées à l’étranger.»
Elle n’a pas 23 ans et on sent déjà une grande maturité dans la douce voix de l’artiste. Au téléphone, la conversation s’engage avec un naturel désarmant, en toute innocence.
«Mon accident m’a appris à être patiente, dit-elle. Quand tu es en convalescence aussi longtemps, tu es cloué sur ton lit et tu ne peux pas guérir plus vite que ce que ton corps te permet.»
CICATRICES
Les cicatrices physiques empoisonnent encore la chanteuse. Elle est devenue hypersensible à la lumière, la forçant à porter en quasi-permanence des lunettes de soleil. Incapable de s’asseoir normalement pendant de longues périodes, elle doit utiliser un siège spécial pour donner ses concerts.
Mais Melody considère que le drame qu’elle a vécu lui aura finalement appris à garder espoir en la vie. «Je suis reconnaissante d’être encore vivante», lance-t-elle le plus simplement
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