Jazz sous les pommiers : programme d’aujourd’hui

Ecrit par media le 30 avril 2008 – 10:18 -

« Le long voyage de Léna ». Du jazz en BD. Le saxophoniste met en valeur le récit, entre musique écrite et improvisation. À 18h15.


« MĂ©lody Gainsbourg ». L’anglais Andy Sheppard rend hommage Ă  Serge Gainsbourg. Ă€ 19h45, complet.
Dave Douglas quintet. Le grand trompĂ©tiste Dave Douglas se sent aussi Ă  l’aise dans les musiques des Balkans que dans l’hommage Ă  Miles Davis. Ă€ 21h45, complet.
Tinariwen. Le groupe Touareg du Mali vient souffler sur Coutances son « blues du désert » et l’histoire de son peuple. À 22h30, complet.
Minivan. Lauréat du prix Paris jeunes Talents, ce groupe joue à la frontière du jazz, de la jungle, de l’électro et de la pop. À 0h30.
Jazz five. Saxo, trombone, contrebasse, batterie et piano vont envoyer du son, entre répertoire hard bop et compositions personnelles. À 0h30.

Scène avis aux amateurs, de 18h à minuit.


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Jazz au Chellah Ă  Rabat du 13 au 18 juin 2008

Ecrit par media le 29 avril 2008 – 16:39 -

Depuis sa crĂ©ation, le Festival de Jazz au Chellah, qui sera Ă  sa 13ème annĂ©e en 2008, s’impose comme un Ă©vĂ©nement incontournable de la scène culturelle de la capitale et du Maroc tout entier. OrganisĂ© depuis 1996 conjointement par la DĂ©lĂ©gation de la Commission europĂ©enne au Maroc et les ambassades et instituts culturels des États membres de l’Union europĂ©enne, en partenariat avec le ministère de la Culture et la Wilaya de Rabat SalĂ©, ce festival est un tĂ©moignage concret du partenariat culturel Europe-Maroc.

UN CONCEPT UNIQUE

La musique ayant pour vocation d’unir les hommes autour des valeurs de partage, chaque annĂ©e, le festival Jazz au Chellah accueille dix formations de l’Union europĂ©enne dont cinq partent Ă  la rencontre de musiciens marocains autour du thème Jazz europĂ©en – Musiques Marocaines. Ces moments de fusion magiques et ces bouquets musicaux oĂą se mĂ©langent les mĂ©lodies des deux rives de la mĂ©diterranĂ©e ont fait de ce festival l’une des illustrations les plus abouties du dialogue entre l’Europe et le Maroc.

UN PUBLIC PASSIONNÉ

Depuis sa naissance, le Festival Jazz au Chellah a su dĂ©montrer que la musique n’a pas de frontière. Le jazz en est l’image puisqu’il est synonyme de libertĂ©. C’est cette libertĂ© qui a accompagnĂ© le festival de jazz europĂ©en tout au long de son Ă©volution Ă  la rencontre des musiques du Maroc et devant un public de plus en plus nombreux, de plus en plus jeune, de plus en plus variĂ© (6000 personnes pour la seule scène du Chellah)

UN FESTIVAL - DES PARTENAIRES

La pĂ©rennitĂ© et la richesse de ce festival peuvent se rĂ©sumer un seul mot : Fusion. Fusion des musiques, fusion des esprits et fusion des cĹ“urs autour de mĂ©lodies savamment orchestrĂ©es par les musiciens europĂ©ens et marocains. Ce mĂ©tissage harmonique nous transporte, nous fait oublier les frontières gĂ©ographiques que la musique, langage universel, transcende. Si ce Festival doit sa rĂ©ussite Ă  ce qui se passe sur la scène, il la doit aussi Ă  ce qui se dĂ©roule en coulisses, avec l’aide prĂ©cieuse et le soutien attentif et constant de tous les partenaires : le ministère de la Culture et la Wilaya de Rabat SalĂ©, les Ambassades, Le Goethe Institute, L’Institut français de Rabat, et les autres instituts culturels des Etats membres de l’Union europĂ©enne qui accompagnent la DĂ©lĂ©gation de la Commission europĂ©enne dans la mise en place de ce festival.

Si l’illustration du partenariat euro marocain trouve toute sa signification sur la scène de ce festival, elle l’est encore plus en amont et en aval de l’Ă©vènement avec le travail des Ă©quipes de part et d’autre pour garantir la pĂ©rennitĂ© de cet Ă©vènement.


Mardi 29 Avril 2008
Mardi 29 Avril 2008

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Du swing au bop, couleurs au Grand théâtre

Ecrit par media le 28 avril 2008 – 11:09 -

L’association Jazz pour tous s’installe pour la quatrième fois de sa saison au Grand théâtre. Sur scène, le Fabien Mary octet.

Mardi 29 avril. Jazz pour tous clĂ´ture demain sa saison 2007-2008 au Grand théâtre, l’un de ses antres de promotion et de diffusion de la note bleue. En scène, une formation de jeunes jazzmen forcĂ©ment talentueux, l’association angevine offrant toujours un cocktail musical exigeant et variĂ©. Le Fabien Mary octet tient son nom de son leader trompettiste trentenaire. L’histoire d’amour entre Fabien Mary et la musique dĂ©bute au conservatoire d’Évreux puis au conservatoire national de rĂ©gion de Rouen.De formation classique donc, Fabien Mary intègre la classe de RĂ©mi Biet et embrasse dès lors la carrière de jazzman. Aguerri aux cĂ´tĂ©s de nombreux musiciens (Michel Pastre pour son Bing Band, GĂ©rard Badini pour Super Swing Machine ou encore Xavier Richardeau pour Jazz Affaire, avec Alain Jean-Marie), ce prodige de la trompette amasse reconnaissance et rĂ©compenses : Django d’or Jeune talent en 2003 pour son premier disque en leader (Twilight), prix « Jazz Ă  Juan RĂ©vĂ©lation » en 2004, Djando d’or et Victoire de la musique en 2005 avec le Paris Jazz Big Band, qu’il a intĂ©grĂ© en 2000.

Fabien Mary n’a que 23 ans lorsqu’il crĂ©e son quartet, et ses collaborations Ă  cette pĂ©riode ont pour nom Wynton Marsalis, Diana Krall ou encore Archie Shepp. Et c’est en 2007 qu’il lance « Four and Four », formation en octet que les Angevins pourront dĂ©couvrir au Grand théâtre. La fine fleur cuivrĂ©e est là : Pierrick Pedron au sax alto, David Sauzay au sax tĂ©nor et flĂ»te, Jerry Edwards au trombone et Thomas Savy au sax baryton et clarinette basse. Hugo Lippi Ă  la guitare, Fabien Marcoz Ă  la contrebasse et Andrea Michelutti complètent cet ensemble aux allures de petit bing band. Au menu « from swing to bop », des standards dont le A foggy day de Gershwin et des compositions originales, la plupart griffĂ©es Mary.

• Mardi, à 20 h 30, au Grand théâtre, place du Ralliement, à Angers. Tarifs : de 3 € (jeunes, 3e catégorie) à 20 € (plein tarif, 1re catégorie). Billetterie Grand théâtre au 02 41 24 16 40/41 et Fnac. Site Jazz pour tous sur www.jazzpourtous.com


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The Lost Fingers: jazz sous boule-miroir

Ecrit par media le 26 avril 2008 – 10:20 -

De jeunes virtuoses de QuĂ©bec font se rencontrer l’univers musical de Django Reinhardt avec les grands succès des annĂ©es 1980. Jouissif!

Ă€ eux trois, ils forment un puissant anachronisme musical. Ils incarnent le mariage incongru de deux univers antinomiques: celui des rythmes tziganes Ă  la Django Reinhardt et celui de la boule-miroir des annĂ©es 80. Deux mondes irrĂ©conciliables n’eĂ»t Ă©tĂ© la furieuse curiositĂ© musicale de trois virtuoses et amoureux du jazz manouche.

Ces trois drĂ´les de zigues, ce sont les membres des Lost Fingers. Trois adorateurs de Django, qui ont baptisĂ© leur groupe en rĂ©fĂ©rence aux deux doigts que le roi du swing tzigane a perdus dans l’incendie de sa roulotte Ă  l’âge de 20 ans. Une tragĂ©die qui n’a pas empĂŞchĂ© Reinhardt de devenir, avec ses doigts restants, l’un des plus influents guitaristes de toute l’histoire du jazz et une icĂ´ne que les tziganes vont aduler chaque annĂ©e jusque sur sa tombe de Samois-sur-Seine.

Avec The Lost Fingers, on est donc en terrain connu. En fait, on n’est pas perdus du tout. Quand la pompe Ă  deux temps propre au rythme manouche s’emballe et entraĂ®ne dans son sillage la guitare Selmer dans de frĂ©nĂ©tiques solos chromatiques, l’univers tout entier de Django envahit nos tympans. Puis, tout Ă  coup, un vague sentiment de dĂ©jĂ -entendu nous titille l’oreille. Notre mĂ©moire auditive se trouve soudainement en proie Ă  un puissant trouble de la personnalitĂ© musicale.

C’est que les trois jazzmen des Lost Fingers se sont coincĂ© les doigts dans des succès des annĂ©es 80, pour leur plus grand bonheur et le nĂ´tre. Entre deux volĂ©es d’arpèges diminuĂ©s s’impriment sur leur manouche festif les mĂ©lodies de Billie Jean (Michael Jackson), de Tainted Love (Soft Cell), de Touch Me (Samantha Fox), ou mĂŞme de Pumping Up The Jam (Technotronic)! D’oĂą cette vague impression de connaĂ®tre sans connaĂ®tre.

Leurs parodies sont Ă  ce point bien ficelĂ©es qu’on en oublie presque le kitsch fini de la version originale et qu’on bĂ©nit ces dieux de la guitare d’avoir tirĂ© du cimetière ces oubliĂ©s du palmarès des annĂ©es 80. Sourire en coin, on laisse l’avalanche de notes dĂ©bouler dans nos oreilles bĂ©ates et le rythme gitan nous donner des fourmis dans les jambes.

De la musique plein les doigts

Il y a Ă  peine un an, le trio de cordes qui rallie Christian Roberge, Byron Mikaloff — deux guitaristes classiques formĂ©s au Conservatoire de musique de QuĂ©bec — et le contrebassiste Alex Morrissette (UniversitĂ© Laval) commençait Ă  peine Ă  trimballer son swing manouche dans les bars, les rĂ©ceptions et les mariages. Un soir, Roberge, le chanteur du groupe, eut soudain la drĂ´le d’idĂ©e d’entonner un classique des annĂ©e 80, pour amuser la foule.

«Byron et moi, nous faisions du jazz manouche ensemble depuis longtemps. On s’est tout Ă  coup amusĂ©s Ă  trouver des classiques des annĂ©es 80. On s’est battus pour choisir les pièces tellement il y avait un grand choix! MĂŞme si le tempo est souvent similaire Ă  la version originale, on a variĂ© les rythmes. Parfois, on a changĂ© carrĂ©ment l’harmonie», explique Christian Roberge, la voix chaude des Lost Fingers.

Remaniés façon The Lost Fingers, des tubes comme Careless Whisper (George Michael), You Shook Me All Night Long (AC/DC) ou Part Time Lover (Stevie Wonder) deviennent sous leurs doigts des pièces quasi méconnaissables.

Douze mois après leur introduction par effraction dans l’univers chromĂ© des annĂ©es 80, ces fous du jazz avaient amassĂ© assez de matĂ©riel pour produire un disque complet. «Quand ils ont fait Touch Me de Samantha Fox, la salle a trouvĂ© cela tellement drĂ´le! De fil en aiguille, ils ont adaptĂ© d’autres chansons. J’ai fait Ă©couter ça Ă  Paul Dupont-HĂ©bert et ça lui a plu tout de suite», explique leur gĂ©rant, Richard Samson, rĂ©alisateur de leur premier disque et propriĂ©taire de l’ImpĂ©rial de QuĂ©bec.

Tellement plu, en fait, qu’HĂ©bert, propriĂ©taire de l’Ă©tiquette Tandem (qui diffuse Pascale Picard, Duo Dubois, Francis Cabrel), a craquĂ© et leur a proposĂ© illico de produire leur premier disque. Comme ça. Les trois musiciens de la rĂ©gion de QuĂ©bec ont rĂ©cemment fait un tabac Ă  MontrĂ©al en première partie de Pascale Picard au Club Soda, les 18 et 19 avril derniers, avec leur manouche travesti en new wave, en R&B et en rock.

Le lendemain de leur apparition au Club Soda, le site du groupe, hĂ©bergĂ© par myspace.com, a reçu quelque 800 visites par jour. HĂ©bert, un proche de RenĂ© AngĂ©lil, leur a proposĂ© d’inclure Ă  leur premier disque au moins une chanson en français tirĂ©e des annĂ©es 80. Le choix s’est arrĂŞtĂ© sur Incognito de CĂ©line Dion. Un choix qui se discute, mais bon. La voix jazzĂ©e de Roberge, les envolĂ©es de guitares et la contrebasse alerte font vite oublier l’insipiditĂ© de la version originale. Et on sourit.

«C’est un groupe qui ratisse large et qui rejoint autant les fans de musique manouche que ceux qui ont connu la musique des annĂ©es 80, avec AC/DC, Jackson et tous les autres. Ça dĂ©mocratise le jazz manouche», affirme Richard Samson.

Ces Ă©mules dĂ©jantĂ©s de BirĂ©li Lagrène et de Django viennent d’ĂŞtre choisis par le Festival international de jazz de MontrĂ©al pour animer le Cabaret 5 Ă  7 qui se tiendra tous les soirs dans la tente-miroir qui sera dressĂ©e sur la nouvelle place des Festivals, angle Jeanne-Mance et Maisonneuve. Ils iront aussi gratter leurs caisses du cĂ´tĂ© du Festival d’Ă©tĂ© de QuĂ©bec les 3 et 4 juillet, et plus tard au Festival international des guitares du monde de l’Abitibi.

«Notre rĂŞve, ce serait de rencontrer Woody Allen, qui va venir jouer avec son band», rĂŞve tout haut Alex, le cadet du groupe, Ă©tudiant en programmation d’ordinateur. MĂŞme si les Ă©vĂ©nements se prĂ©cipitent pour The Lost Fingers, cela n’a pas empĂŞchĂ© son collègue Christian Roberge, 32 ans, de terminer ces derniers mois son doctorat en biologie.

Des projets de tournĂ©es avec Pascale Picard, qui se prĂ©pare Ă  faire le saut en Europe et aux États-Unis cet automne, planent aussi dans l’air. «Pascale a beaucoup aimĂ© jouer avec eux et a lancĂ© l’idĂ©e d’une première partie pour sa prochaine tournĂ©e», confie Samson. Mais au moment d’aller Ă©couter ces trois drilles faire claquer leurs cordes claires dans l’antre de Dupont-HĂ©bert, boulevard Saint-Laurent, jeudi dernier, rien n’Ă©tait encore coulĂ© dans le bĂ©ton. Entre-temps, leur disque atterrira sur les tablettes des disquaires dès le 5 mai.

Joyeuse contorsion musicale, donc, que cette première mouture sur disque des Lost Fingers. Des doigts agiles et moqueurs, évadés dans une décennie musicale qui était presque reléguée aux oubliettes. Parions que Django rira dans sa tombe.


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Tawfik Ouldammar, architecte ès jazz

Ecrit par media le 22 avril 2008 – 10:55 -

Entre Tawfik Ouldammar et le jazz, c’est une longue histoire d’amour, qui n’en finit pas de se renouveler. Une romance qui débute dans les années 70 : le jeune homme est alors un fan assidu de concerts de jazz régulièrement donnés dans les bases militaires américaines installées au Maroc, des soirées gratuites où les novices pouvaient se frotter à des musiciens plus expérimentés.

Il en gardera à jamais une passion pour la musique des la Nouvelle-Orléans, qu’il décide de satisfaire non seulement en tant que mélomane, mais aussi comme musicien. Et pour Tawfik, ce sera le piano, instrument-étalon sur lequel il jette son dévolu en autodidacte, s’exerçant sur ses coups de cœur en notes, de Petrucciani à Chick Corea, en passant par Herbie Hancock.

Des références du jazz classique et libre, qu’il emmène dans ses valises pour s’installer à Toulouse, en France, où il poursuit des études d’architecture. Dans la ville rose, il tâte quand même du jazz rock, vogue du moment, mais seulement “pour se faire un peu d’argent de poche”. Car en puriste, Ouldammar ne conçoit pas le jazz comme une musique festive, ni le piano, “instrument qui se suffit à lui-même”, comme un simple outil d’accompagnement.

Dès son retour au Maroc, en 1980, l’homme s’attelle à développer sa propre vision du jazz, qu’il veut à la fois minutieux et novateur. Hermétique aux clichés, il refuse ainsi que le piano soit étroitement associé aux rythmiques occidentales. Il n’hésite pas à en distiller des harmonies orientales et des musiques “exotiques”, sans céder à la tentation du faux métissage et du folklore facile. “Aujourd’hui, toutes ces musiques qu’on appelle fusion se résument à de simples collages. C’est malheureux : la musique n’est pas étudiée et on sent à l’écoute qu’il y a deux mondes qui jouent en même temps”, déplore le pianiste.

Sa quête, ce serait plutôt d’imbriquer les genres, de fondre les styles pour en faire une seule et même musique. Il se lance dans l’exploration des rythmes marocains, des Ahwash aux Issawa, des Gnawa à la musique andalouse, flâne dans un va-et-vient incessant entre les sonorités et les climats, dans le but de faire naître de nouvelles ambiances, couleurs et émotions. “J’œuvre à créer de la musique descriptive. Quand on l’écoute, c’est un peu comme si on lisait un livre”, détaille-t-il.

Tableaux sonores

Des tableaux sonores que Tawfik Ouldammar avoue préférer peindre en solitaire : “Le jazz est pour moi une musique personnelle”, argumente-t-il. Pour autant, le pianiste ne rechigne pas à se faire accompagner, de temps à autre, d’autres musiciens, notamment pour mieux approcher son public. “La présence d’un contrebassiste et de percussions aide les gens à mieux comprendre la musique, à la suivre plus facilement”, justifie-t-il. Il lui est ainsi souvent arrivé de papillonner, d’une formation à l’autre, le temps de développer un nouveau son, une nouvelle approche du jazz.

Après Jamaâ El Fna, enregistré en quartet, dans un style que ne renierait pas un Keith Jarrett, le pianiste se réfugie à nouveau dans sa tour d’ivoire, opérant un retour au sacro-saint instrumental. En naîtra un second album, 100% solo, intitulé Evasoudaya, que Ouldammar sortira bientôt en autoproduction. Au programme : de l’évasion, comme le suggère le titre, mais surtout une approche différente de l’écriture musicale et de sa complexité. Une musique conceptuelle, où le compositeur s’applique, en bon architecte, à construire tout un univers autour de son idée mélodique. Soucieux d’expliciter ses démarches, Ouldammar joint des commentaires écrits à ses pièces musicales et s’abandonne à des analyses quasi philosophiques. “La musique doit échapper à tout conservatisme et s’inscrire dans une démarche dynamique qui favorise le dialogue et stimule l’originalité”, écrit-il dans le texte de présentation de l’album. Des mots (“parce qu’on ne peut pas tout écrire en musique”, explique-t-il) qui accompagnent les partitions, comme pour exprimer avec le plus de justesse possible l’idée, l’émotion qu’il entend faire passer, avant de laisser parler la musique. “En matière de jazz, un enregistrement permet, contrairement aux partitions, de laisser sa trace. Une trace fidèle, que d’autres pianistes pérenniseront. Peut-être”.


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Patrick Bacqueville Quintet en concert le 25 Apr 2008 Ă  20:30

Ecrit par admin le 14 avril 2008 – 14:22 -

Patrick Bacqueville Quintet en concert le 25 Apr 2008 Ă  20:30

Petit-Journal Saint-Michel
71 boulevard Saint-Michel
75006 Paris France
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Nina Simone : Pastel Blues (Verve, 1965)

Ecrit par admin le 13 avril 2008 – 18:44 -

“Blues Pastel”, titre ironique pour un album dont le rĂ©pertoire n’est que partiellement composĂ© de blues mais dont chaque morceau est empreint de sa force et de sa douleur.

Les interprétations de Nina Simone sont puissantes, de grandes envolées pianistiques aux rythmes proches de la transe, le grain si particulier de sa voix charnelle, profonde, oscillant entre velours et âpreté.

Elle narre l’amour déçu, la faiblesse des hommes, la bassesse de la nature humaine avec un ton acide et corrosif, trahissant les blessures et l’amertume de sa communautĂ© pour qui elle n’hĂ©site pas Ă  s’engager. Car toujours, Ă  l’Ă©poque des mouvements de revendications noires, le blues de la Diva rĂ©voltĂ©e se fait l’écho de sa conscience politique tranchante et de son implication dans les combats pour les droits civiques.

Ici, la grande prêtresse se montre sous toutes ses facettes : sereine, militante, émouvante, révoltée.

Elle arrache les tripes, l’âme et le cĹ“ur pour envahir les moindres recoins de l’être et le laisser dans un absolu abandon.

écoutez:


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qu’est ce que le Jazz ?

Ecrit par admin le 12 avril 2008 – 17:10 -

e jazz est un genre de musique nĂ© aux États-Unis au dĂ©but du XXe siècle. Issu du croisement du blues, du ragtime et de la musique europĂ©enne, le jazz est considĂ©rĂ© comme la première forme artistique Ă  s’ĂŞtre dĂ©veloppĂ©e aux États-Unis.

Étymologies du mot Jazz

Au delĂ  de la difficultĂ© Ă  dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment la musique qu’il dĂ©signe, l’origine du mot jazz est elle-mĂŞme sujette Ă  controverses. Les hypothèses avancĂ©es quant aux origines de ce nom sont multiples et aucune ne semble faire l’unanimitĂ©. Le mot jazz pourrait ĂŞtre dĂ©rivĂ© du nom de musiciens (comme Chas Washington) ; de l’argot avec des connotations sexuelles ou qui indiquent l’Ă©nergie ou la force ; du jasmin que l’industrie cosmĂ©tique française avait utilisĂ© dans ses parfums, qui Ă©taient vendus Ă  Nouvelle-OrlĂ©ans (une thĂ©orie de Garvin Bushell) ; d’une dĂ©formation du chassĂ© ou chasse-beau, figure du cakewalk (danse du gâteau, Ă  la mode au XIXe siècle), ou des racines africaines comme le mot bantou jaja (« danser », « jouer de la musique »), sur le terme africain jasi (« être excité ») ou jaiza (« son lointain des percussions »). La dernière appellation viendrait des certaines tribus indonĂ©siennes qui appelaient “jaze baqti” une musique rythmĂ©e…

Les recherches de Gerald Cohen indiquent que le mot apparaĂ®t pour la première fois sous la plume de E. T. « Scoop » Gleeson dans le San Francisco bulletin en mars 1913. Il appartient alors au jargon du baseball pour dĂ©signer l’Ă©nergie d’un joueur. Le mot aurait Ă©tĂ© employĂ© pour qualifier la musique du groupe d’Art Hickman qui jouait dans le camp d’entraĂ®nement des San Francisco Seals. Le groupe endossa l’adjectif lors de ses engagements Ă  New York en 1914 et le terme se rĂ©pandit progressivement jusqu’Ă  Chicago avant de revenir en Nouvelle-OrlĂ©ans sous la forme d’une lettre de Freddie Keppard Ă  King Oliver qui le popularisera dès 1917 avec son protĂ©gĂ©, Louis Armstrong.

Le terme Ă©tait diversement apprĂ©ciĂ© des musiciens pour ses connotations scabreuses (Duke Ellington en particulier prĂ©fĂ©rait l’appellation « Negro music »). Durant les annĂ©es 1930 et 1940, de nombreuses alternatives ont Ă©tĂ© proposĂ©es telles que ragtonia, syncopep, crewcut, Amerimusic, ou encore jarb, sans grand succès. La diffusion du mot « jazz » (bien que sous sa forme Jass) est largement associĂ©e Ă  son apparition sur le premier enregistrement du style, en mars 1917 par l’Original Dixieland Jass Band.

Histoire

Louis Armstrong, figure emblématique du Jazz du début du XXe siècle

Louis Armstrong, figure emblématique du Jazz du début du XXe siècle

Article détaillé : Histoire du jazz.

Le jazz est nĂ© aux États-Unis au dĂ©but du XXe siècle, d’un mĂ©lange de musiques Ă©laborĂ©es par les noirs amĂ©ricains. Ses ancĂŞtres sont les work songs, chants de travail des esclaves africains et les chants religieux, negro spirituals et gospel, chantĂ©s dans les Ă©glises lors des cĂ©rĂ©monies religieuses. Au dĂ©but du XXe siècle, le blues se dĂ©veloppe dans le Delta du Mississippi et est largement diffusĂ© Ă  partir de 1920 et le premier enregistrement de Mamie Smith.

Parallèlement, le ragtime apparaĂ®t, style de piano incarnĂ© par Scott Joplin, musique syncopĂ©e influencĂ©e par la musique classique occidentale. Dans les annĂ©es 1920, le stride se dĂ©veloppe Ă  Harlem. HĂ©ritier du ragtime, le stride introduit l’utilisation d’une pulsation ternaire, et la virtuositĂ© des musiciens augmente, comme par exemple chez James P. Johnson. Le boogie-woogie se dĂ©veloppe Ă  la mĂŞme Ă©poque Ă  Chicago.

C’est Ă  la Nouvelle-OrlĂ©ans que l’on fait en gĂ©nĂ©ral naĂ®tre le jazz, avec les formations orchestrales des « brass bands », mĂ©lange de marches militaires revisitĂ©es par les noirs amĂ©ricains et les crĂ©oles, qui privilĂ©gie l’expression collective. Le premier enregistrement de jazz voit le jour en mars 1917 par l’Original Dixieland Jass Band. AutoproclamĂ© inventeur du jazz, Jelly Roll Morton est en effet un passeur entre ragtime et jazz, mais ce sont Kid Ory, Sydney Bechet et surtout Louis Armstrong qui s’imposent comme les grands solistes des formations Nouvelle-OrlĂ©ans, ce dernier ouvrant avec ses solos la porte Ă  l’ère du Swing.

ConsidĂ©rĂ© comme l’âge d’or du jazz, apparu vers les annĂ©es 30, le swing (ou middle jazz) se dĂ©marque du jazz Nouvelle-OrlĂ©ans par un orchestre de plus grande taille, et privilĂ©gie les solistes au dĂ©triment de l’expression collective. C’est l’ère des big bands de Duke Ellington, Count Basie, Glenn Miller, avec un rĂ©pertoire marquĂ© par les compositions de George Gershwin, Cole Porter, Richard Rodgers etc. et les chansons de variĂ©tĂ© de Tin Pan Alley, qui forment l’ossature des standards de jazz. Les grands solistes de cette Ă©poque sont Coleman Hawkins et Lester Young.

Au dĂ©but des annĂ©es 40 naĂ®t le bebop. Tempos ultra rapides, petites formations, virtuositĂ© Ă©poustouflante, innovations harmoniques et rythmiques, la rupture est brutale et emmenĂ©e par Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk. L’intellectualisation du jazz par le bebop ne sera pas toujours bien perçue par le public et certains critiques, notamment Hugues PanassiĂ© en France sera particulièrement virulent contre cette nouvelle forme de jazz.

Vers les annĂ©es 50 apparaissent des Ă©volutions au bebop, comme le cool et le Hard bop. Le cool et le jazz West Coast regroupent des Ă©volutions du bop moins marquĂ©es par le rythme, et gĂ©nĂ©ralement faites par des Blancs. Les four Brothers de Jimmy Giuffre, les innovations de Lennie Tristano et la collaboration entre Miles Davis et Gil Evans sont gĂ©nĂ©ralement regroupĂ©es sous cette bannière. Au contraire, le hard bop est plutĂ´t un mouvement noir, visant Ă  rĂ©-introduire plus de soul et de blues dans le bop, et pour qui l’aspect rythmique est prĂ©dominant. Art Blakey, Horace Silver ou Sonny Rollins y participent. D’autres personnalitĂ©s inclassables Ă©mergent: Bill Evans, Charles Mingus, Oscar Peterson

A la fin des annĂ©es 50, les structures harmoniques et l’improvisation sont portĂ©es Ă  leurs limites par John Coltrane. EmmenĂ©s par Coltrane et Ornette Coleman les musiciens bouleversent la structure musicale et les techniques instrumentales. La grille harmonique, le rythme rĂ©gulier, et mĂŞme le thème sont supprimĂ©s, au profit d’improvisations collectives, la prĂ©dominance de l’Ă©nergie, et l’utilisation de techniques non conventionnelles (suraigus, growl, cris, slaps, « sons sales », voire bruitistes, c’est la naissance du free jazz. Les rĂ©actions des critiques Ă  cette nouvelle forme de jazz sont fĂ©roces, et le public beaucoup moins nombreux Ă  suivre cette musique nouvelle.

Dès les annĂ©es 60, et surtout les annĂ©es 70, s’amorcent des mouvements de fusion entre le jazz et d’autres courants musicaux, le jazz et la musique latine donne le latin jazz, mais surtout la fusion entre le jazz et le rock, le jazz-rock, qui remporte l’adhĂ©sion du public. Les grandes figures en sont Miles davis et le groupe Weather Report. Au mĂŞme moment, la crĂ©ation de la maison de disques ECM Ă  Munich participe Ă  la crĂ©ation et Ă  la diffusion d’un jazz plus « europĂ©en », aux sonoritĂ©s plus feutrĂ©es et subtiles, inspirĂ© par la musique classique, la musique contemporaine et les musiques du monde. Jan Garbarek, John Surman, Louis Sclavis, Kenny Wheeler en sont quelques reprĂ©sentants.

Les caractères clés du jazz Le jazz est un mélange de courants musicaux très divers et au cours de son évolution, il a su intégrer de nombreuses influences et se prêter à de nombreux métissages, comme le blues, le rock, la musique latine, le world-beat, et ainsi de suite.

Du point de vue de la technique musicale, sa richesse et sa complexitĂ© sont aujourd’hui telles qu’il est difficile de dĂ©crire prĂ©cisĂ©ment ce qui le caractĂ©rise, parce que le jazz comprend une grande variĂ©tĂ© de sous-types, comme traditionnelle, be-bop, fusion, free-jazz, etc.

D’après Travis Jackson, on pourrait dĂ©finir le jazz d’une façon plus “ouverte”, en disant que le jazz (soit qu’on parle de swing, fusion, ou latin-jazz) est une musique qui inclut souvent des qualitĂ©s comme le swing, l’improvisation, l’interaction en groupe, le dĂ©veloppement d’une voix individuelle comme artiste, et ĂŞtre “ouverte” aux diverses possibilitĂ©s musicales. [1]

Les éléments distinctifs suivants dans la majorité des styles de jazz :

  • Swing : une notion un peu abstraite qui signifie que la musique jouĂ©e atteint une sorte de “moment de grâce” assez difficile Ă  expliquer concrètement. C’est le moment oĂą la musique, le “feel”, et l’interaction entre les musiciens dĂ©collent ;
  • Improvisation : un processus par lequel le musicien de jazz crĂ©e ou produit une Ĺ“uvre musicale spontanĂ©e en se servant de sa crĂ©ativitĂ© dans l’instant et de son savoir technique et thĂ©orique des divers styles de jazz ;
  • l’interaction en groupe ;
  • le dĂ©veloppement d’une voix individuelle comme artiste (SonoritĂ© et phrasĂ©): les musiciens de jazz sont souvent Ă  la recherche de l’expression musicale individuelle, innovatrice et crĂ©ative ;
  • ĂŞtre “ouverte” aux diverses possibilitĂ©s musicales ;
  • Standard de jazz : les morceaux bien connus, pour la plupart issus des comĂ©dies musicales de Broadway, qui ont acquis une certaine notoriĂ©tĂ© via ces films, qui font l’objet de nombreuses reprises et sont jouĂ©s lors des jam sessions (p. ex., All of Me, Autumn Leaves, Mack the Knife, Summertime, etc.).


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