James Blunt, un solitaire en ouverture de Jazz à Juan
juillet 10, 2008 by media
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La star anglaise ouvre, ce soir, la 48e édition du festival qui se déroule sur la scène de la Pinède Gould.

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« Je ne la connais pas ! », admet volontiers James Blunt, lorsqu’on évoque Ruthie Foster, la chanteuse programmée juste avant lui, en ouverture du 48e festival Jazz à Juan. Si la star porte les paillettes de la pop blanche anglaise, Ruthie Foster, elle, incarne plutôt les profondeurs de la musique noire américaine texane. Mais, ce soir, au cœur de la fameuse Pinède Gould, ces deux mondes devraient se traverser de manière fantomatique comme deux continents qui ne se touchent pas. Pourtant, si la « phénoménale » Ruthie (pour reprendre le titre de son album), à la voix si roots, semble tout à fait à sa place dans ce grand festival où les plus belles signatures ont joué (Coltrane, Armstrong, Fitzgerald…), Blunt, né en Angleterre le 22 février 1974, paraît quelque peu hors sujet.
On a tout écrit sur cet artiste, sujet idéal pour une biographie rêvée, fils de colonel, lui-même officier de l’armée au Kosovo qui, un jour, décida de jouer de la musique et publia son disque, Back to Bedlam (2003). Avec une voix d’« ange tombé », selon la description du Sunday Times, le beau gosse au regard de héros joue une pop folk suave plutôt plaisante, héritée de ses maîtres, Paul Simon, Steely Dan, Fleetwood Mac, toute l’inspiration séminale des années 1970.
Un succès fulgurant
Ses textes Cry, You’re Beautiful parlent de ruptures, d’amitiés déçues, et son public croit y puiser des réponses, un peu comme dans un roman de Philippe Delerm. Son succès a été fulgurant (des millions d’albums vendus). En 2007, il a publié All the Lost Souls dont la romance un peu passe-partout et l’esprit de solitude lui ont permis de conquérir sans cesse de nouveaux rivages, parfois inattendus, tel le sanctuaire de Juan-les-Pins, « coupable » de rares infidélités. Joe Cocker, en 2002, ou Norah Jones, en 2007, y ont déjà semé le trouble, blindés par ce professionnalisme guindé auquel sont étrangers nos amis trompettistes et saxophonistes. Mais son directeur artistique Harry Lapp sait bien que le niveau médiatique du jazz est insuffisant aujourd’hui et qu’une scène, même prestigieuse, a besoin de figures voisines, plus populaires. « Blunt est dans la lignée de ces années folk, des chanteurs à textes comme peuvent l’être un Leonard Cohen ou une Joan Baez. Son public se situe entre 15 et 30 ans. C’est une occasion d’attirer une nouvelle audience », explique-t-il.
De son côté, l’idole ne comprend pas bien ou ne veut pas comprendre. « Vous pouvez être surpris seulement si vous m’appelez un chanteur pop, si vous avez besoin de ranger les gens dans une catégorie, se défend James. C’est la faute des médias. La musique est libre. Elle n’a pas besoin de tiroirs. J’adapte pourtant mon style de chanson en chanson. On dit aussi que mon public est féminin. Une autre invention. » Il se réjouit de jouer à Juan, au bord de la mer, venu lui-même, comme il le rappelle, des rivages, homme insulaire, Anglais installé aux Baléares. « Voir des gens qui ont des goûts différents est intéressant, surtout dans ce type de festival où l’humeur est tranquille. Je ne connais pas très bien Jazz à Juan. Je vais vivre une nouvelle expérience. Je jouerai une chanson des Pixies, Where is My Mind ?, Breakfast in America de Supertramp. J’ai une guitare électrique. Vous serez surpris par l’énergie du groupe, le tempo, avec le piano dont je joue, l’orgue Hammond. »
Peut-être Blunt ne sera qu’une étoile filante. Mais il aura trouvé une place dans les archives infinies du plus illustre des festivals de jazz européens.
À noter : Didier Lockwood et Thomas Dutronc (11), James Morrisson-Al Jarreau (12), Yaron Herman-John MacLaughlin (13), Solomon Burke/Sharon Jones (15), Roy Hargrove-Marcus Miller (16), Keith Jarrett Trio (18), Bill Wyman and The Rhythm Kings (19). Rens : Office de tourisme de Juan-les-Pins

