Alex Cuba passe aux grandes ligues

septembre 18, 2008 by media  
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Le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste Alexis Puentes, alias Alex Cuba, est de retour à Montréal où il tentera ce soir de refaire mousser le contenu d’Agua Del Pozo, son disque paru l’an dernier et qui a déjà récolté d’excellentes critiques auprès des connaisseurs des musiques du monde.

«Je suis chanceux car ma gérance a conclu une entente mondiale de distribution chez EMI. C’est pourquoi nous avons repris le même album lancé il y a plus d’un an, nous en avons totalement repris l’aspect visuel, de façon à ce qu’il soit plus compétitif sur le marché. La nouvelle version est désormais dans les magasins du Canada», indique Alex Cuba, rencontré hier dans un restaurant du centre-ville.

Ainsi, le deuxième album du chanteur canadien d’origine cubaine sera lancé cet hiver aux États-Unis, suivi de sorties printannières en Europe, en Amérique latine ainsi qu’au Japon.

On apprendra en outre qu’Agua del Pozo sera bientôt en licence chez Blue Note aux États-Unis, ce qui en dit long sur l’intérêt que l’enregistrement soulève dans l’industrie de la musique à l’échelle planétaire. Bruce Lundvall, grand patron de Blue Note, serait très enthousiaste, assure-t-on D’autant plus que la musique d’Alex Cuba se vendrait très bien sur iTunes, notamment au Japon.

Au printemps dernier, Agua del Poso a trôné au premier rang d’iTunes Canada - sur le palmarès des albums de catégorie Latin-Tropical. Enfin, on apprendra que le chanteur a été sélectionné pour représenter le Canada au prochain Womex, soit la plus importante foire des musiques du monde - qui se tiendra à Séville, fin octobre.

On rappellera également qu’un premier album de l’auteur-compositeur-interprète, Humo de Tabaco, a déjà raflé un Juno, catégorie meilleur album de l’année/musiques du monde. Plus métissé, parfois même d’esprit funk ou rock, l’album Agua del Pozo pourrait faire encore plus de chemin.

En 1999, Alexis Puentes a élu domicile en Colombie-Britannique. Il s’était d’abord installé à Victoria après avoir eu le coup de foudre lors d’une tournée effectuée en 1995 avec son musicien de père (Valentin) et son frère Adonis (qui vit maintenant à Los Angeles) et avec qui il a déjà formé un duo.

Le chanteur habite maintenant Smithers d’où provient sa compagne, municipalité plantée quelque part entre Prince Rupert et Prince George, à 14 heures de voiture de Vancouver. Le couple a trois enfants et l’épouse de l’artiste est très engagée dans la carrière de ce dernier.

Alexis Puentes avait adopté le nom Alex Cuba après avoir fondé un groupe avec son frère (Alex Cuba Band), peu après avoir émigré au Canada. Alors qu’il vivait à Cuba, il était bassiste de Temperamento, un groupe fondé par nul autre que le pianiste et chanteur Roberto Fonseca.

«Au début, vous savez, j’avais un peu peur d’inclure toutes ces influences dans ma musique. J’écrivais des chansons mais j’étais toujours timide de les interpréter. Mon père, qui est lui-même guitariste, m’a déjà dit que je n’avais pas la voix d’un chanteur, que j’étais vraiment fait pour jouer la basse. Quelques années plus tard, je lui ai fait écouter une de mes chansons, j’ai vu des larmes couler sur ses joues. Il a fini par me confier qu’il aimait finalement beaucoup ma voix. J’étais heureux car je voulais l’entendre de lui.»

Alex Cuba n’en demeure pas moins conscient que son approche n’est pas typique des musiques en vogue dans son île d’origine.

«Je ne fais pas de musique cubaine traditionnelle ou de jazz latin, ce à quoi on s’attend souvent d’un musicien cubain. Je dirais tout de même qu’il y a de moins en moins de confusion à propos des mélanges que je propose. La clef pour comprendre mon travail, c’est d’essayer de bien cerner qui est l’auteur-compositeur derrière le répertoire.»

En trio, Alex Cuba se produit ce soir au Lion d’or, 20h, dans le cadre de la Série Décantée - où l’on conjugue musique et dégustation de vins.

nTENDANCE- Evéements musicaux de l’été : Les grandes notes de l’acoustique

septembre 6, 2008 by media  
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En hibernation depuis des années, la musique acoustique semble reprendre du poil de la bête depuis pas mal de semaines, comme en l’an 2000 avec le fameux tube de Pape et Cheikh. Usure de la reine mbalax ou effet des médias, les avis des acteurs sont partagés.

ls se produisent dans de grands festivals et sur des scènes prestigieuses de la planète pour donner à la musique sénégalaise une plus grande visibilité. En procédant à un dosage plus ou moins prononcé entre tradition et modernité, ils ont pu à leur manière séduire au-delà de leurs frontières. Et trouver une place sous le soleil de la World music. Avec une musique qui a parfois des accents pop, jazz ou folks, l’acoustique au Sénégal dispose aujourd’hui d’un réservoir de talents suffisants capable de rayonner sur le plan international. En tout cas, cette année, l’acoustique a effectué une entrée fracassante sur la scène nationale où, sans aucune prétention de redonder, la musique mbalax fait loi. Tout au début de l’été musical sénégalais, Wazis Diop avec sa voix  râpeuse, détimbrée, est revenu après dix ans d’absence pour afficher sa joie de vivre «Juddo beek».  L’artiste pionnier des métissages world au début des années 70, joue les vieilles prières sahéliennes, en flirtant avec le rock et la pop. Sans être une super star comme Youssou N’Dour, le frère de Djibril Diop Mambéty fait partie des artistes africains les plus recherchés et admirés sur la scène musicale internationale. Voyageur infatigable et curieux, Wasis Diop promène en permanence son subtil jeu de guitare et ses compositions raffinées à travers le monde.
Vieux Mac Faye (Vision), Idrissa Diop (Historia), Pape et Cheikh, Oumar Ndiaye «Xosluman» (Feel accoustic) et les Frères Guissé (Yakaar) ont joué dernièrement leurs notes acoustiques pour donner davantage d’épaisseur à un genre musical longtemps méconnu et timoré. L’époque semble aujourd’hui aux réjouissances pour la jeune génération symbolisée actuellement par le jeune Yoro Ndiaye qui ne cesse de subjuguer les mélomanes. Son dernier album (Yoon Wi) a fait l’effet d’une bombe avec un déploiement d’énergie et une maîtrise vocale impressionnante. Le jeune artiste, même si le marché mondial est devenu de plus en plus sélectif du fait de la baisse des ventes causée par l’innovation numérique, est sans doute perçu comme le futur ambassadeur de l’acoustique.
Révolution musicale ou simple effet de mode ? Dans nombre de cabarets et de boites de nuit, les artistes qui ont opté pour ce genre musical gagnent en audience. On ne s’offusquerait pas d’attribuer à un morceau de Yoro Ndiaye le titre de tube de l’été. Cette résurgence grandeur nature de cette musique faite à base des instruments acoustiques est le résultat d’une révolution des habitudes musicales des Sénégalais. Selon Moustapha Sow, le conseiller en communication du chanteur Idrissa Diop, cela est dû au fait que les Sénégalais ont acquis une maturité musicale qui leur permet de s’affranchir de la dictature du mbalax. «Les mélomanes sont vers eux. Les Sénégalais ont désormais une autre lecture de la musique», rajoute-t-il.  Moustapha Sow considère que les sonorités acoustiques constituent une nouvelle offre musicale parce qu’elles «n’encombrent pas».