Tomber de rideau sur la 11ème édition du festival Gnaoua et Musiques du Monde

juin 30, 2008 by media  
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e rideau est tombé, dimanche soir, sur la 11-ème édition du festival Gnaoua et Musiques du Monde organisée à Essaouira, du 26 au 29 juin, et au cours de laquelle les centaines de milliers de mélomanes qui ont investi la ville ont été plus que gâtés côté musical.

Le très attendu concert de clôture de cette édition, placée sous le Haut patronage de SM le Roi, a été mené de main-maître par les 11 musiciens fanfarons de l’Orchestre National de Barbès (ONB) qui ont offert au public un voyage musical entre airs populaires chaabi, reprises des Rolling Stones, et les plus grands succès de l’ONB.

Lors d’un spectacle qui a duré près de trois heures, la température est souvent montée au zénith et le public, de tout âge et nationalité, a été impressionné par l’énergie scénique et les rythmes endiablés des joyeux gaillards de cet orchestre fondé en 1996 par des musiciens expérimentés issus du Maroc, d’Algérie et de Tunisie.

Pour les organisateurs, le festival a été cette année encore le haut lieu de rencontres musicales inédites. Un de ses moments exceptionnels fut le concert d’ouverture avec la fusion entre la troupe coréenne Samulnori Molgae et le groupe Gnaoua Baalil. Deux genres musicaux très éloignés et pourtant si proches par la ressemblance tant des rythmes, que des instruments et des chorégraphies.

Dans un genre musical différent, le jazz a été cette année une fois de plus au coeur de la programmation musicale avec le concert du légendaire saxophoniste Wayne Shorter qui, à la fin de son concert, a succombé à la tentation de la fusion avec les Gnaoua en invitant spontanément le marrakchi Mohamed Kouyou.

Le succès des concerts 100 pc Gnaoua, comme ceux d’Abdelkébir Merchane à Bab Doukkala (vendredi soir) et de Hamid El Kasri sur la scène Bab Marrakech (samedi soir) ont confirmé l’engouement du public pour les Gnaoua qui sont les têtes d’affiche du festival.

Hamid El Kasri s’est produit devant 60.000 personnes envoûtées avant de céder la scène à Kimany Marley, digne fils de son père qui a repris les plus célèbres chansons du mythique Bob telles que “”No woman no cry”", “”I shot the sherif”", “”One love”", etc.

Une étonnante découverte pour le public du festival autant que pour Kimany Marley qui a déclaré “”de tous les voyages que j’ai effectués dans le cadre de mes tournées, je n’ai jamais vécu une expérience aussi forte. Je reviendrai au Maroc et je serai le premier à faire fusionner le reggae et la musique gnaoua”".

Les amateurs et passionnés de fusion ont pu assister à des rencontres exceptionnelles, notamment celle du maâlem Omar Hayat avec le batteur français Franck Vaillant, le guitariste franco-marocain Mohamed Derouich, le trompettiste libanais Ibrahim Maalouf et John Balke, pianiste norvégien de talent, fusion qui s’est tenue vendredi soir dans le cadre exceptionnel de la place Moulay Hassan.

La même scène fut enflammée le lendemain par le maître Mahmoud Guinea d’Essaouira, qui lors d’un concert de trois heures, a une fois de plus prouvé sa dimension résolument africaine par une fusion avec les Maliens du groupe Bassekou Kouyaté.

Les concerts acoustiques, disséminés dans la médina, ont attiré les amateurs d’ambiances plus intimistes, lilas Gnaouies pour les puristes, et musiques du monde pour les mélomanes. On retiendra la standing ovation faite au groupe 3MA né de la rencontre entre le joueur de valiha malgache Rajery, le luthiste marocain Driss El Maloumi et le koriste malien Ballaké Cissoko.

Le concert des luthistes palestiniens du Trio Joubran rejoints par le trompettiste libanais Ibrahim Maalouf fut également un de ces moments d’émotions et de rencontres qui éclosent chaque année et qui font l’esprit du festival.

La scène située sur la plage confirme son succès d’une édition à l’autre avec les groupes confirmés de la scène actuelle. H-Kayne, Darga, Fez City Clan et Mazagan ont drainé tous les soirs plus de 90.000 fans de ces groupes qui sont les références musicales de toute une génération.

Le rendez-vous est pris pour 2009 afin que ce festival, qui célèbre l’union, la diversité et la fraternité des peuples, et l’amour de la musique, poursuive encore son chemin.