Fès Jazz Festival : La ville de Fès a vibré aux rythmes de la cinquième édition

novembre 17, 2008 by media  
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La ville de Fès a vibré du 14 au 16 novembre aux rythmes de la cinquième édition de “Fes Jazz festival”, organisé par la Fondation Esprit de Fès avec la participation des ténors de la musique du jazz d’Amérique, d’Europe, d’Afrique et d’Asie.

Le spectacle d’ouverture a été animé récemment au palais Mnebhi, par le grand artiste américain et ami du Maroc, Randy Weston et son African Rythms Quintet composé de Talib Kibwé (saxophone), Bonny Powell (trombone), Alex Blake (contrebasse) et Neil Clarke (percussion).

Le directeur artistique du festival, Gérard Kurdjian, a qualifié l’artiste Randy Weston de “monument” et de “légende” vivante de l’histoire de la musique du jazz afro-américaine, soulignant que malgré son âge avancé (92 ans), ce pianiste et compositeur est venu directement de New York pour participer à l’animation de ce festival qui acquiert au fil des ans une envergure internationale.

Il a précisé que “Fès Jazz In Riads” qui devient désormais en 2008 “Fes Jazz Festival” a suscité l’intérêt de la presse internationale puisque ses concerts sont couverts par des chaînes de TV, des magazines et des journaux d’audience internationale.

Ce festival ambitionne de devenir un rendez vous annuel pour les amateurs du jazz sur le plan international. Il a rappelé que Randy Weston, originaire de Brooklyn (New York) a choisi au début des années 60 de découvrir l’Afrique, la “motherland”, la terre mère, et s’est installé durant plusieurs années au Maroc, notamment à Tanger, où il a rencontré maître Abdellah El Gourd qui l’a initié aux rythmes et rituels de la musique des Gnawas.

Les concerts du festival répartis sur le Palais Mnebhi, le Musée du Batha, l’Institut Français de Fès et de prestigieux restaurants seront animés par une pléiade d’artistes de renom dont, en plus de Randy Weston, Mike Mainieri et Steps Ahead, venus de New York, le luthiste tunisien Anouar Ibrahim avec son “Australien Café Trio” et le groupe Plena Libre, nominé au prix “Latin Grammy Awards” en 2001, 2003 et 2006.

Le programme comporte aussi une procession musicale qui défile chaque matin à Fès-Jdid et en Médina avec les indiens du Jaïpour Maharaja Brass Band et la fanfare de Kocani auxquels est revenu la tâche “exaltante” d’enflammer les rues et ruelles de la ville.

Les après-midi sont animés par les quartets des chanteuses Jilly Jackson et Célia Tranchand. Les responsables de la Fondation Esprit de Fès assurent que “Fes Jazz Festival” s’assigne pour objectif de “promouvoir en même temps le jazz et les monuments enchanteurs de la Médina de Fès et d’inciter au développement touristique de la ville”.

MAP

Jazz à Luz, édition 2008

octobre 6, 2008 by media  
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Ce qu’il y a d’agaçant à Jazz à Luz, c’est qu’il faudrait faire les trois-huit pour tout voir et tout raconter. Le chroniqueur y est soumis à des cadences infernales : premier rendez-vous chaque jour à 11 heures, déjeuner au Verger, redémarrage des concerts dès 15 heures, sans compter la musique ambulante toute la journée dans la ville, et ça continue jusqu’aux afters qui se terminent à l’aube. On n’a plus vingt ans, que diable.

 

Outre la profusion musicale (plus de trente spectacles en quatre jours, faites vous-même le calcul), il y a tant de choses à voir ! L’église fortifiée du XIIème, les aménagements provisoires du XXIème - comptoirs, portiques, meubles temporaires en bois recyclé -, les chapeaux projectifs improvisés par Véro, le mouton AOC, les marmottes en peluche qui vous sifflent dans la rue, le Madiran et le Pacherenc, le château où l’on grimpe au petit jour parce qu’après on n’a plus le temps et que de toute façon le soir il pleut, les cirques : Gavarnie et Troumouse, le gave qui polit ses galets avec une application millénaire, la file d’attente pour l’excellente cantine du festival entièrement tenue par des bénévoles, où public et artistes s’assoient aux mêmes tables…

Tout ça pour vous dire qu’on n’a encore une fois pas tout vu, et qu’on en est fort marri. Mais qu’y faire ?

Vous avez voulu voir le spectacle « jeune public » d’Hervé Suhubiette, “Fantaisie martienne”, une fable surprenante qui emprunte à Buster Keaton et à Cyrano (celui des Etats et Empires de la Lune), avec une vraie poésie lunaire et une musique qui ne prend pas vos enfants pour des buses ? Vous allez manquer, à quelques kilomètres de là, la minute de silence en l’honneur des acteurs de la culture tombés en résistant. Et le concert de Barkatu Bartok, ce duo dont tout le monde vous dit tant de bien depuis si longtemps que vous teniez à l’entendre. Perdu… Vous avez rendez-vous pour une interview ? Les copains vous informent avec commisération qu’ils ont vu jouer, eux, Philippe Cataix et Gilles Carles, et que c’était un pur moment de bonheur. Vous partez vous réchauffer dans un café par une soirée de dimanche trop froide ? Vous n’étiez pas au spectacle le plus controversé de l’édition 2008, celui de Ryoji Ikeda dont vous n’aurez pas non plus d’images parce que le créateur interdit toute prise de vue.

Ce qu’il y a de bien à Luz, c’est justement ça : les controverses. Les spectacles qui ne font pas l’unanimité. C’est louche en art, l’unanimité. Ça sent le consensus mou, le manque d’audace, la mécanique bien huilée. A Luz, on ose et c’est tant mieux. Si le débat est vif, s’il s’est produit une bataille d’Ikeda qui rappelait un peu celle d’Hernani, c’est que - grâces en soient rendues aux programmateurs - la médiocrité n’était pas à l’ordre du jour : la médiocrité ne fait jamais débat.

Et ce qu’il y a de bien à Luz, c’est la musique en général. Celle qu’on a entendue aussi, parce qu’on n’a pas tout manqué, quand même !