vos critiques de concerts
Lorsqu’on vous annonce que le ‘Kality street’ est un festival près de Toulon, vous vous imaginez bêtement que vous allez vous la jouer total farniente, pastag et pieds dans l’eau, d’autant plus lorsque une semaine avant, au Gaou, Catherine Ringer vous invitait à sa confidence musicale entre deux bruissements de cigales. Donc. Vous partez guilleret et ravi, les pieds en mode tongs et les lunettes de soleil en vision panoramique. Et puis, quand vous vous mettez à errer sordidement entre trois ronds-points nauséeux d’une zone commerciale à l’orée d’un horizon glamour de HLM, et ce à la recherche fiévreuse d’un Castorama désaffecté, vous déchantez un peu. C’est ça le sud ? hé merde.

ne fois déniché le lieu improbable façon teknival, une seconde appréhension nous secoue les coups de soleil : outre les brochettes de dreads ‘irie’ balayées au gré des déambulations bancales de bolas phosphorescentes, une musique très carte postale ‘dancefloor club toulonnais’ nous est parachutée dans les oreilles. Ouh. L’atterrissage est rude. Mais qu’importe, nous irons au bout de notre quête. Notre courage sera rapidement récompensé : sur la grande scène, s’installent deux DJs en double platines, Chinese Man , qui nous décapsulent un set fraîchement ciselé, bouillonnant d’éclectisme.
Préludés par quelques samples improbables dans la série bonne ambiance, les deux musiciens sautillent d’un hip hop old school au jazz funky en passant par le ragga, l’electro acidulée ou la drum’n bass énergétique. Les booty se remuent en forme de bossa nova et de charleston tandis qu’un saupoudrage de petits samples bien placés, Beastie , Sporto Kantès ou encore Ray Charles enflamment le public et leurs dreads chatoyantes. Leur set est brillamment évolutif, mâtiné de scratchs bien sentis et les deux DJs s’en donnent à cœur joie. Communicatif.
À mesure où la scène prend forme pour Maniacx , la curiosité s’enflamme et l’envie nous prend aux tripes de découvrir enfin en live ces phénomènes electro-hip hop rock qui, en seulement cinq ans et deux albums (dont un tout neuf), se sont incisés dans la scène nationale une voie royale prometteuse. Deux tables en forme, l’une de ghettoblaster géant, et l’autre, de magnéto à bandes (avec néon qui clignote à l’intérieur, s’il vous plaît) supportent toute leur came électronique (mac, multipiste, table de mix, machines à effets, platine) tandis que sans transition une énorme basse bien grasse met le feu au départ.
Montée progressive des lights et plein feu sur trois personnages aux looks improbables, welcome le rappeur-Deschiens des années 80, le Hip Hoper southcoast (?) from Dallas et le grunge-hardos de service, ambiance pompiste de Seattle. Oh yeah. Les bidouillages sonores frais et ludiques à la ‘Funny guys’ ), ou les guitares survitaminées de ‘Rimes’shot’ voisinent avec du gros son crunk entre deux Snap (souvenez-vous I got the power , tout ça) et du 20 fingers (iny winy tziny winy… Short dick man …), Si-si, et, comme l’hymne qui colle à leur peau, du Jump jump à la Kriss Kross , forcément.

