Au Val Joly, le jazz se décline sur tous les tons
juillet 23, 2008 by media
Filed under Actualités
Le jazz, la plus populaire des musiques savante ou la plus savante des musiques populaires ? Bernard Daguenet, programmateur de Joly Jazz « depuis environ huit ans » n’a toujours pas tranché. En attendant, celui qui est aussi chargé de communication au centre culturel André-Malraux d’Hazebrouck se démène tous les ans pour fournir une programmation éclectique à la manifestation jazz du Val Joly.
![]()
Et tant pis s’il habite loin. « Ce n’est pas le plus logique », confirme-t-il. Quand il a été contacté, « le festival vivotait. De mon côté, j’avais participé à la création du festival Résonances jazz, qui rayonnait sur plusieurs communes, avec une cinquantaine de musiciens ». Le festival n’existe plus depuis 1999, mais cette expérience a convaincu les programmateurs de Joly Jazz que Bernard Daguenet était la personne qu’il leur fallait. Un recrutement qui lui a permis de « découvrir cet endroit ».
Pour la programmation, ce féru de jazz a deux méthodes : « Soit je vais écouter les groupes - quand ils se produisent dans un périmètre qui va jusqu’à Bruxelles - soit je reçois des disques ». Autre outil, Internet, qui avec des sites comme My space ou You tube ont « particulièrement facilité la tâche des programmateurs ». Pour Bernard Daguenet, le travail est simple et compliqué à la fois : il lui faut « s’imprégner de l’univers des musiciens » tout en faisant en sorte « qu’il n’y ait pas trop de différence entre le disque, avec ses différents arrangements, et la scène ». Pour cela, son meilleur outil reste son expérience, qui lui « permet de se faire assez vite une idée de la valeur des groupes ».
Afin d’assurer une programmation riche et variée, Bernard Daguenet s’est fixé une ligne de conduite : faire un mélange entre la scène française et belge, un des plus « gros viviers d’Europe » en jazz. « Il y a six ans, nous avions programmé Nathalie Loriers alors qu’elle n’était pas trop connue ». Aujourd’hui, cette pianiste « est une référence majeure » sur notre continent. « Nous essayons aussi d’impliquer des gens de la région, avec DL Project et Crossroad », continue le programmateur. Soit « des gens qui n’ont pas à rougir de leur implantation. DL project tourne à Paris et à Bruxelles ».
Cette année, il a « essayé de mêler au jazz des musiques de la même mouvance, comme le blues et les musiques du monde ». Ainsi, le groupe The Bigeasy cats, qui reprend des grands standards de jazz traditionnel côtoiera le Gros tube, un mélange de musique de fanfare et musique funk.
Quant au pianiste bulgare Sabin Todorov, il allie musique traditionnelle des Balkans et jazz. Mais « l’événement du festival », dixit Bernard Daguenet reste Manuel Rochman, « un grand pianiste ». À l’affiche également, le blues du célèbre américain Marcus Malone et le jazz manouche de AM Ketenes. Entre autres.
Bernard Daguenet, lui, compte bien recommencer la programmation l’an prochain. « Parce que ça me tient à coeur.

