Sagapool en tournée

Ecrit par media le 17 mai 2008 – 16:39 -

Manouche, c’est le rêve nomade. C’est partir au loin sans regarder en arrière. C’est s’ouvrir au monde, explorer sans cesse de nouveaux horizons.

Paradoxalement, c’est justement en s’aventurant au-delà de leur créneau d’origine, la musique traditionnelle tsigane, que les membres de Manouche en sont arrivés à abandonner leur nom. Les fans devront s’habituer à leur nouvelle appellation: Sagapool.

«Cette fois-ci, on voulait un nom qui nous représente vraiment, qui ne s’apparente à aucun style de musique. On aimait bien la sonorité de Sagapool et, comme ça fait longtemps qu’on joue ensemble, les sagas, on les a vues passer! Notre collectif est aussi une sorte de pool», explique Guillaume Bourque, clarinettiste du groupe.

Le nom Manouche portait également à confusion. Des fans se présentaient à des spectacles de musique traditionnelle manouche en pensant qu’ils allaient voir leur groupe fétiche.

Le sextet québécois est en pleine tournée promotionnelle pour l’album Épisode Trois, disponible depuis le 6 mai dernier. Un album où l’exploration et le mélange des genres se fait sentir sur toutes les pièces.

«C’est plutôt un collage de styles. On évoque des genres plutôt que de les jouer. Ça crée une forme d’ambiance cinématographique», décrit Guillaume Bourque.

Au fil des années, les musiciens se sont de plus en plus éloignés de leurs premiers amours, la musique tsigane et le klezmer, une tradition musicale juive.

Luzio Altobelli, un des membres fondateurs du groupe, a toutefois voulu préciser que ces genres sont toujours présents dans leur musique.

Au lieu d’en constituer les bases, elles ne sont maintenant plus que des morceaux du puzzle musical qu’est Sagapool.

«Comme chacun des membres du groupe compose, c’est assez difficile de résumer notre musique en un seul mot. Sur l’album, par exemple, on a un swing et un ska, ajoute Altobelli. En général, on emprunte beaucoup au jazz.»

Dans l’écriture d’Épisode Trois, les membres de Sagapool se sont donné comme consigne de limiter la durée des morceaux.

Cette fois, ils se sont appliqués à réduire leurs chansons à «deux ou trois idées». Comme conséquence indirecte, leurs chansons prennent un format plus «pop» qui correspond davantage à ce qui est diffusé à la radio.

Les membres admettent que cela pourrait les aider à gagner une plus grande visibilité.

Les six membres du groupe possèdent une solide formation musicale et la plupart jouent plusieurs instruments sur l’album.

«On tenait à jouer les chansons en spectacle telles qu’elles sont sur le disque alors on doit donc souvent courir d’un instrument à l’autre. Parfois, je me retrouve même avec des instruments que je ne maîtrise pas vraiment», raconte Luzio Altobelli.

Peu de temps après avoir terminé l’enregistrement de l’album, l’ancien batteur du groupe, Louka Sirois, a quitté le groupe pour retourner aux études.

C’est Marton Maderspach, un Québécois d’origine hongroise, qui a repris le flambeau.

«Il fallait trouver quelqu’un qui correspondait à l’énergie du groupe et Marton a justement cette capacité extraordinaire de s’intégrer. C’est un musicien incroyable, il est capable de jouer du drum et du glockenspiel en même temps», s’exclame Guillaume Bourque.

En spectacle, Sagapool promet de continuer à jouer ses plus grands succès de l’époque Manouche.

Le groupe était d’ailleurs de passage cette semaine à Montréal, Trois-Rivières et Québec. Ils termineront cette mini-tournée ce soir à Sherbrooke.

Sagapool continuera de jouer un peu partout dans la province durant l’été, notamment en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent.•

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