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Quand le jazz plane sur Chellah
Ecrit par media le 14 mai 2008 – 11:18 -
A l’origine de cette manifestation de grande envergure, il y a la délégation de la Commission européenne, les ambassades et les Instituts culturels des Etats membres de l’Union européenne et la délégation Wallonie-Bruxelles, en partenariat avec le ministère de la Culture et la wilaya de Rabat-Salé-Zemmour-Zaërs. Comme à l’accoutumée, cet évènement, petit par sa taille mais grand par son esprit de tolérance et son message de dialogue, revient avec une large palette artistique. En fait, au fil des éditions, le Jazz au Chellah a réussi à se faire une place de choix parmi les autres festivals de la capitale. Safaa Kaddioui, chargée des activités culturelles à la délégation de la Commission européenne, déclare: «Le Jazz au Chellah est un festival qui grandit petit à petit. Il est devenu un des rendez-vous culturels incontournables de Rabat. Lors de l’édition précédente, nous avons pu drainer quelque 6.000 spectateurs dont la majorité sont des jeunes.
Chose qui nous réjouit et qui montre que le jazz n’est nullement une musique élitiste et que, bien au contraire, il cible différents publics».
Durant cinq jours, Rabat vivra au rythme du jazz européen mixé avec les musiques marocaines. Treize pays du Vieux Continent seront à l’honneur à travers des spectacles aussi originaux les uns que les autres. Au programme, des formations multinationales qui refléteront par leur style musical et leur jeu, l’esprit riche et multiculturel de l’Europe. «Le festival se veut le miroir de l’Europe dans toute sa diversité. Sa programmation, quant à elle, illustre le message du festival qui est le dialogue du jazz avec la musique marocaine. Ainsi, on réussit vraiment à dresser cette passerelle entre l’Europe et le Maroc via l’art.», déclare S. Kaddioui.
Dès la première nuit, le jazz européen illuminera le ciel du magnifique Chellah mais il nous parviendra avec des formes et des couleurs qui varieront, selon chaque invité, son origine, son vécu et sa touche personnelle.
Ainsi, les mélomanes rbatis écouteront du jazz avec des sonorités orientalistes, électro, gnaouies, classiques… selon la thématique de chaque soirée. C’est le guitariste belge Philip Catherine qui donnera le coup d’envoi des festivités. Epoustouflant, ce musicien au classicisme épuré, considéré comme l’un des grands maîtres du jazz, viendra jouer des vibrations uniques sur la scène du Chellah. Il sera suivi par le luthiste tunisien Dhafer Youssef, spécialiste de chants soufis et de lyrisme arabe interprétés sur une fusion de musique orientale, de jazz et de l’électronique. Ce dernier partagera la scène avec un autre grand de la guitare: l’Autrichien Wolfgang Muthspiel. La deuxième soirée, quant à elle, se tiendra sous le signe de l’électro avec le jeune Polonais Pink Freud qui représentera, à lui seul, un pan de la nouvelle scène européenne. Ce sera ensuite le plein d’émotions avec un trio d’Hollandais et de Marocains qui offriront au public des moments uniques où violons et percussions seront en parfaite harmonie. La soirée du samedi nous fera découvrir le jazz du monde.
A l’affiche, l’un des plus beaux sons de violon jamais entendus: Florin Nicolescu. Les spectateurs assisteront à la révolution de la fusion à travers la rencontre de deux instruments: le balafon et le vibraphone. Le premier sera manipulé par le Franco-malien Lansiné Kouyaté, tandis que le deuxième le sera par David Neerman. Tous les deux côtoieront sur scène Hassan Boussou qui n’est autre que le digne héritier du maître Hmida Boussou. Pour finir en beauté, le Jazz au Chellah a prévu d’inviter sur scène quatre pays européens. On retrouvera la révélation britannique de l’année, le trio du pianiste Neil Cowley, le surdoué de la trompette, Flavio Boltro, le pianiste soliste grec, Giorgos Kontrafouris et le saxophoniste Manuel Dunkel.
Du côté marocain, on témoignera du grand retour de Jauck El Maleh, maître incontesté de la percussion, avec l’“Oud” de Youssef Oulmadani. Au final, le plus beau trio du jazz métissé “mettra le feu dans l’assistance”. Il s’agit en l’occurrence de Majid Bekkas, de retour sur la scène du Chellah, qui sera entouré du “monstre” du jazz, le pianiste Joachim Kühn et du fantastique batteur de feu Ramon Lopez.
En tout, le Jazz au Chellah vous proposera un voyage musical qui vous emmènera dans treize escales différentes mais durant lequel vous garderez l’esprit de votre pays d’origine.
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Le jazz made in Morocco
Le jazz se fait de plus en plus une place sur la scène artistique marocaine. Alors qu’il était considéré comme étant un style élitiste, ce genre musical a réussi à avoir ses propres adeptes parmi les mélomanes marocains. Chaque ville a ainsi dédié un festival au jazz. Tanger a donné naissance à “Tanjazz”, Rabat au “Jazz aux Oudayas” devenu “Jazz au Chellah”, Casablanca au “Jazzablanca” et Fès au “Jazz in Riads”… sans oublier le Festival des Gnaouas d’Essaouira qui consacre une grande partie de sa programmation à ce genre musical.
Ces nombreuses manifestations ont tenté et ont réussi de populariser le jazz et de le ‘’marocaniser” en y ajoutant des sonorités du bled.
Ainsi, les sons des saxophones, des guitares et pianos se sont vus fusionner avec les rythmes traditionnels marocains dont ceux des Gnaouas, des Aissawas en plus de la musique orientale. Outre les concerts de fusion, d’autres festivals ont intégré dans leurs programmes des spectacles de rue et des parades pour présenter le jazz au grand public. Vivement le jazz alors!
Tags: Chellah, le jazz
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