Festival jazz jazz musique

Ecrit par media le 30 avril 2008 – 10:26 -

Alors que les interrogations suscitées par le désengagement croissant des soutiens publics à la création se multiplient, aspro-impro (association pour la promotion des musiques nouvelles et improvisées), fidèle à ses engagements, propose la 27 édition d’un festival résolument consacré à la création musicale jazzistique et improvisée, un festival ou toutes les audaces, les surprises, les
recherches peuvent s’épanouir.


les missions et les spécificités d’aspro-impro, à travers le festival jazz et musique improvisée en franche-comté, mais aussi musiques libres en automne ou les petites formes des musiques libres et inventives en saison, sont de témoigner de la créativité musicale et d’être au service de la création, dans le registre des musiques improvisées, que ce soit le jazz d’aujourd’hui, l’improvisation libre ou tout autre musique nouvelle. par musiques nouvelles nous entendons celles qui refusent le comportement d’imitation et qui tendent à préciser l’idée de création.
sur la forme de cette 27 édition , notons, une nouvelle fois et comme chaque année depuis le début de cette aventure, que nous affirmerons notre identité franc-comtoise en utilisant le patrimoine architectural de la région pour y organiser nos concerts. par exemple, à la saline royale d’arc et senans,
dans la cour du musée garret à vesoul, au château de joux près de pontarlier, à poligny, petite cité comtoise de caractère, voire à besançon à l’opéra-théâtre ou au kursaal.
la formation des publics ne sera pas négligée, puisque nous proposons quelques concerts petites formes gratuits qui permettent de se familiariser avec ces musiques, opération que nous pratiquons également en automne pendant le festival musiques libres et en saison avec les petites formes des musiques libres et inventives.
du point de vue artistique, participeront à cette édition :
• des musiciens historiques du jazz contemporain et des musiques nouvelles comme
anthony braxton, dont ce sera l’unique concert en france, meredith monk et son vocal ensemble, dont ce sera également le seul concert en france et la deuxième apparition dans notre festival après le triomphal solo de la saison dernière, et peter brötzmann.
• des musiciens majeurs et incontournables comme louis sclavis, eric watson, john lindberg, roger turner, hasse poulsen, luc ex, joe mc phee, daunik lazro, raymond boni, claude tchamitchian, catherine jauniaux…
• la nouvelle vague des musiciens improvisateurs, parce que c’est le rôle d’un festival dédié à la création de faire connaître les nouvelles tendances de ces musiques.
et, une fois encore, nous consacrons une part importante du festival à la voix. pour être complet du point de vue artistique, nous proposons pendant le semaine bisontine du festival, en collaboration avec le pavé dans la mare, association de promotion de l’art contemporain, une installation de « structures mouvantes » du plasticien raphaël galley.
en conclusion, de grands moments de spontanéité en perspective.


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Jazz sous les pommiers : programme d’aujourd’hui

Ecrit par media le 30 avril 2008 – 10:18 -

« Le long voyage de Léna ». Du jazz en BD. Le saxophoniste met en valeur le récit, entre musique écrite et improvisation. À 18h15.


« MĂ©lody Gainsbourg ». L’anglais Andy Sheppard rend hommage Ă  Serge Gainsbourg. Ă€ 19h45, complet.
Dave Douglas quintet. Le grand trompĂ©tiste Dave Douglas se sent aussi Ă  l’aise dans les musiques des Balkans que dans l’hommage Ă  Miles Davis. Ă€ 21h45, complet.
Tinariwen. Le groupe Touareg du Mali vient souffler sur Coutances son « blues du désert » et l’histoire de son peuple. À 22h30, complet.
Minivan. Lauréat du prix Paris jeunes Talents, ce groupe joue à la frontière du jazz, de la jungle, de l’électro et de la pop. À 0h30.
Jazz five. Saxo, trombone, contrebasse, batterie et piano vont envoyer du son, entre répertoire hard bop et compositions personnelles. À 0h30.

Scène avis aux amateurs, de 18h à minuit.


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Jazz au Chellah Ă  Rabat du 13 au 18 juin 2008

Ecrit par media le 29 avril 2008 – 16:39 -

Depuis sa crĂ©ation, le Festival de Jazz au Chellah, qui sera Ă  sa 13ème annĂ©e en 2008, s’impose comme un Ă©vĂ©nement incontournable de la scène culturelle de la capitale et du Maroc tout entier. OrganisĂ© depuis 1996 conjointement par la DĂ©lĂ©gation de la Commission europĂ©enne au Maroc et les ambassades et instituts culturels des États membres de l’Union europĂ©enne, en partenariat avec le ministère de la Culture et la Wilaya de Rabat SalĂ©, ce festival est un tĂ©moignage concret du partenariat culturel Europe-Maroc.

UN CONCEPT UNIQUE

La musique ayant pour vocation d’unir les hommes autour des valeurs de partage, chaque annĂ©e, le festival Jazz au Chellah accueille dix formations de l’Union europĂ©enne dont cinq partent Ă  la rencontre de musiciens marocains autour du thème Jazz europĂ©en – Musiques Marocaines. Ces moments de fusion magiques et ces bouquets musicaux oĂą se mĂ©langent les mĂ©lodies des deux rives de la mĂ©diterranĂ©e ont fait de ce festival l’une des illustrations les plus abouties du dialogue entre l’Europe et le Maroc.

UN PUBLIC PASSIONNÉ

Depuis sa naissance, le Festival Jazz au Chellah a su dĂ©montrer que la musique n’a pas de frontière. Le jazz en est l’image puisqu’il est synonyme de libertĂ©. C’est cette libertĂ© qui a accompagnĂ© le festival de jazz europĂ©en tout au long de son Ă©volution Ă  la rencontre des musiques du Maroc et devant un public de plus en plus nombreux, de plus en plus jeune, de plus en plus variĂ© (6000 personnes pour la seule scène du Chellah)

UN FESTIVAL - DES PARTENAIRES

La pĂ©rennitĂ© et la richesse de ce festival peuvent se rĂ©sumer un seul mot : Fusion. Fusion des musiques, fusion des esprits et fusion des cĹ“urs autour de mĂ©lodies savamment orchestrĂ©es par les musiciens europĂ©ens et marocains. Ce mĂ©tissage harmonique nous transporte, nous fait oublier les frontières gĂ©ographiques que la musique, langage universel, transcende. Si ce Festival doit sa rĂ©ussite Ă  ce qui se passe sur la scène, il la doit aussi Ă  ce qui se dĂ©roule en coulisses, avec l’aide prĂ©cieuse et le soutien attentif et constant de tous les partenaires : le ministère de la Culture et la Wilaya de Rabat SalĂ©, les Ambassades, Le Goethe Institute, L’Institut français de Rabat, et les autres instituts culturels des Etats membres de l’Union europĂ©enne qui accompagnent la DĂ©lĂ©gation de la Commission europĂ©enne dans la mise en place de ce festival.

Si l’illustration du partenariat euro marocain trouve toute sa signification sur la scène de ce festival, elle l’est encore plus en amont et en aval de l’Ă©vènement avec le travail des Ă©quipes de part et d’autre pour garantir la pĂ©rennitĂ© de cet Ă©vènement.


Mardi 29 Avril 2008
Mardi 29 Avril 2008

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AntiQuarks c’est avant tout la rencontre entre Richard MonsĂ©gu et SĂ©bastien Tron, deux hommes passionnĂ©s de musique et les crĂ©ateurs d’une musique nomade et novatrice

Ecrit par media le 29 avril 2008 – 11:17 -

Un duo fou d’anti-matière

Richard, dont le père était patron d’une boîte de nuit a découvert très tôt la musique rock et les classiques du début des années 70 parceque, dit-il, ”je n’avais rien d’autre à faire quand j’allais en vacances chez mon père”.
DJ à 15 ans, il monte un groupe de percussion lorsqu’il est au lycée puis fait des études de sciences humaines qui vont former sa vision des choses et transparaître dans son travail comme artiste. “Antiquarks est un nom savant (anti-matière ndlr) mais ça montre aussi que ce que nous faisons est un travail abouti, très fouillé bien que d’apparence spontanée. Une création artistique au coeur d’un travail scientifique en somme”.
Plus tard alors qu’il donne des cours de percu, il rencontre SĂ©bastien Tron, qui baigne dans la musique depuis tout petit. Lorsque je lui demande d’oĂą lui est venue l’idĂ©e de jouer de la vielle Ă  roue, il me rĂ©pond que c’est une histoire de famille. Il commence Ă  en jouer Ă  11 ans et son père l’initie aux musiques traditionnelles ainsi qu’au piano-jazz. “Mais vous savez la dĂ©marche du groupe est plus importante que les instruments que nous utilisons“. Alors musique interterrestre, ça veut dire quoi? “l’interterrestre, c’est  une fĂ©dĂ©ration de gens  liĂ©s par la fiction, la musique” me rĂ©pond SĂ©bastien.

Un style original qui dépeint un réalisme dans une langue imaginaire
Leur premier album Moulassa est une invitation au voyage qui nous amène à survoler des territoires étranges et baroques, une musique électronique sur fond d’inspiration arabe, mediterranéenne ou bretonne. Écouter Antiquarks vous hape et vous emmène dans des contrées lointaines, on s’enfuit à bord du vaisseau pour explorer un monde imaginaire peuplé de créatures étranges.
Chaque chanson raconte une histoire, chantée en français, en espagnol, en anglais et en…gluon. Nom que Richard, le chanteur, a donné à une langue inventé. “Le gluon est ce qui permet aux quarks de tenir ensemble, une sorte de ciment qui lie les particules”. Une langue qui lui permet sur le deuxième album à venir de parler par exemple de l’urga. “L’urga c’est le nom donné en langue mongole au lasso qui leur permet d’attraper les animaux. C’est aussi le nom donné à une perche, qui plantée, signale qu’un couple n’est pas loin en train d’avoir un peu d’intimité” dit-il en souriant. Chaque chanson est un tableau poétique où malgrès tout le socio-culturel prévaut.

Le deuxième album en préparation, prévu pour octobre 2008, incluera plus d’instruments tels que le piano ou la basse. “Notre premier album était nocturne et aquatique et s’adressait à l’individu, le deuxième sera tout feu, tout flamme et s’adressera au collectif” me disent-ils “il y aura plus de musiciens aussi.”
Antiquarks, un UFO dans le monde musical français qui frappe par son originalité et sa vitalité. A voir en concert.
Mélissa MALAGARDIS. (www.lepetitjournal.com - Mexique) mardi 29 avril 2008


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Du swing au bop, couleurs au Grand théâtre

Ecrit par media le 28 avril 2008 – 11:09 -

L’association Jazz pour tous s’installe pour la quatrième fois de sa saison au Grand théâtre. Sur scène, le Fabien Mary octet.

Mardi 29 avril. Jazz pour tous clĂ´ture demain sa saison 2007-2008 au Grand théâtre, l’un de ses antres de promotion et de diffusion de la note bleue. En scène, une formation de jeunes jazzmen forcĂ©ment talentueux, l’association angevine offrant toujours un cocktail musical exigeant et variĂ©. Le Fabien Mary octet tient son nom de son leader trompettiste trentenaire. L’histoire d’amour entre Fabien Mary et la musique dĂ©bute au conservatoire d’Évreux puis au conservatoire national de rĂ©gion de Rouen.De formation classique donc, Fabien Mary intègre la classe de RĂ©mi Biet et embrasse dès lors la carrière de jazzman. Aguerri aux cĂ´tĂ©s de nombreux musiciens (Michel Pastre pour son Bing Band, GĂ©rard Badini pour Super Swing Machine ou encore Xavier Richardeau pour Jazz Affaire, avec Alain Jean-Marie), ce prodige de la trompette amasse reconnaissance et rĂ©compenses : Django d’or Jeune talent en 2003 pour son premier disque en leader (Twilight), prix « Jazz Ă  Juan RĂ©vĂ©lation » en 2004, Djando d’or et Victoire de la musique en 2005 avec le Paris Jazz Big Band, qu’il a intĂ©grĂ© en 2000.

Fabien Mary n’a que 23 ans lorsqu’il crĂ©e son quartet, et ses collaborations Ă  cette pĂ©riode ont pour nom Wynton Marsalis, Diana Krall ou encore Archie Shepp. Et c’est en 2007 qu’il lance « Four and Four », formation en octet que les Angevins pourront dĂ©couvrir au Grand théâtre. La fine fleur cuivrĂ©e est là : Pierrick Pedron au sax alto, David Sauzay au sax tĂ©nor et flĂ»te, Jerry Edwards au trombone et Thomas Savy au sax baryton et clarinette basse. Hugo Lippi Ă  la guitare, Fabien Marcoz Ă  la contrebasse et Andrea Michelutti complètent cet ensemble aux allures de petit bing band. Au menu « from swing to bop », des standards dont le A foggy day de Gershwin et des compositions originales, la plupart griffĂ©es Mary.

• Mardi, à 20 h 30, au Grand théâtre, place du Ralliement, à Angers. Tarifs : de 3 € (jeunes, 3e catégorie) à 20 € (plein tarif, 1re catégorie). Billetterie Grand théâtre au 02 41 24 16 40/41 et Fnac. Site Jazz pour tous sur www.jazzpourtous.com


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The Lost Fingers: jazz sous boule-miroir

Ecrit par media le 26 avril 2008 – 10:20 -

De jeunes virtuoses de QuĂ©bec font se rencontrer l’univers musical de Django Reinhardt avec les grands succès des annĂ©es 1980. Jouissif!

Ă€ eux trois, ils forment un puissant anachronisme musical. Ils incarnent le mariage incongru de deux univers antinomiques: celui des rythmes tziganes Ă  la Django Reinhardt et celui de la boule-miroir des annĂ©es 80. Deux mondes irrĂ©conciliables n’eĂ»t Ă©tĂ© la furieuse curiositĂ© musicale de trois virtuoses et amoureux du jazz manouche.

Ces trois drĂ´les de zigues, ce sont les membres des Lost Fingers. Trois adorateurs de Django, qui ont baptisĂ© leur groupe en rĂ©fĂ©rence aux deux doigts que le roi du swing tzigane a perdus dans l’incendie de sa roulotte Ă  l’âge de 20 ans. Une tragĂ©die qui n’a pas empĂŞchĂ© Reinhardt de devenir, avec ses doigts restants, l’un des plus influents guitaristes de toute l’histoire du jazz et une icĂ´ne que les tziganes vont aduler chaque annĂ©e jusque sur sa tombe de Samois-sur-Seine.

Avec The Lost Fingers, on est donc en terrain connu. En fait, on n’est pas perdus du tout. Quand la pompe Ă  deux temps propre au rythme manouche s’emballe et entraĂ®ne dans son sillage la guitare Selmer dans de frĂ©nĂ©tiques solos chromatiques, l’univers tout entier de Django envahit nos tympans. Puis, tout Ă  coup, un vague sentiment de dĂ©jĂ -entendu nous titille l’oreille. Notre mĂ©moire auditive se trouve soudainement en proie Ă  un puissant trouble de la personnalitĂ© musicale.

C’est que les trois jazzmen des Lost Fingers se sont coincĂ© les doigts dans des succès des annĂ©es 80, pour leur plus grand bonheur et le nĂ´tre. Entre deux volĂ©es d’arpèges diminuĂ©s s’impriment sur leur manouche festif les mĂ©lodies de Billie Jean (Michael Jackson), de Tainted Love (Soft Cell), de Touch Me (Samantha Fox), ou mĂŞme de Pumping Up The Jam (Technotronic)! D’oĂą cette vague impression de connaĂ®tre sans connaĂ®tre.

Leurs parodies sont Ă  ce point bien ficelĂ©es qu’on en oublie presque le kitsch fini de la version originale et qu’on bĂ©nit ces dieux de la guitare d’avoir tirĂ© du cimetière ces oubliĂ©s du palmarès des annĂ©es 80. Sourire en coin, on laisse l’avalanche de notes dĂ©bouler dans nos oreilles bĂ©ates et le rythme gitan nous donner des fourmis dans les jambes.

De la musique plein les doigts

Il y a Ă  peine un an, le trio de cordes qui rallie Christian Roberge, Byron Mikaloff — deux guitaristes classiques formĂ©s au Conservatoire de musique de QuĂ©bec — et le contrebassiste Alex Morrissette (UniversitĂ© Laval) commençait Ă  peine Ă  trimballer son swing manouche dans les bars, les rĂ©ceptions et les mariages. Un soir, Roberge, le chanteur du groupe, eut soudain la drĂ´le d’idĂ©e d’entonner un classique des annĂ©e 80, pour amuser la foule.

«Byron et moi, nous faisions du jazz manouche ensemble depuis longtemps. On s’est tout Ă  coup amusĂ©s Ă  trouver des classiques des annĂ©es 80. On s’est battus pour choisir les pièces tellement il y avait un grand choix! MĂŞme si le tempo est souvent similaire Ă  la version originale, on a variĂ© les rythmes. Parfois, on a changĂ© carrĂ©ment l’harmonie», explique Christian Roberge, la voix chaude des Lost Fingers.

Remaniés façon The Lost Fingers, des tubes comme Careless Whisper (George Michael), You Shook Me All Night Long (AC/DC) ou Part Time Lover (Stevie Wonder) deviennent sous leurs doigts des pièces quasi méconnaissables.

Douze mois après leur introduction par effraction dans l’univers chromĂ© des annĂ©es 80, ces fous du jazz avaient amassĂ© assez de matĂ©riel pour produire un disque complet. «Quand ils ont fait Touch Me de Samantha Fox, la salle a trouvĂ© cela tellement drĂ´le! De fil en aiguille, ils ont adaptĂ© d’autres chansons. J’ai fait Ă©couter ça Ă  Paul Dupont-HĂ©bert et ça lui a plu tout de suite», explique leur gĂ©rant, Richard Samson, rĂ©alisateur de leur premier disque et propriĂ©taire de l’ImpĂ©rial de QuĂ©bec.

Tellement plu, en fait, qu’HĂ©bert, propriĂ©taire de l’Ă©tiquette Tandem (qui diffuse Pascale Picard, Duo Dubois, Francis Cabrel), a craquĂ© et leur a proposĂ© illico de produire leur premier disque. Comme ça. Les trois musiciens de la rĂ©gion de QuĂ©bec ont rĂ©cemment fait un tabac Ă  MontrĂ©al en première partie de Pascale Picard au Club Soda, les 18 et 19 avril derniers, avec leur manouche travesti en new wave, en R&B et en rock.

Le lendemain de leur apparition au Club Soda, le site du groupe, hĂ©bergĂ© par myspace.com, a reçu quelque 800 visites par jour. HĂ©bert, un proche de RenĂ© AngĂ©lil, leur a proposĂ© d’inclure Ă  leur premier disque au moins une chanson en français tirĂ©e des annĂ©es 80. Le choix s’est arrĂŞtĂ© sur Incognito de CĂ©line Dion. Un choix qui se discute, mais bon. La voix jazzĂ©e de Roberge, les envolĂ©es de guitares et la contrebasse alerte font vite oublier l’insipiditĂ© de la version originale. Et on sourit.

«C’est un groupe qui ratisse large et qui rejoint autant les fans de musique manouche que ceux qui ont connu la musique des annĂ©es 80, avec AC/DC, Jackson et tous les autres. Ça dĂ©mocratise le jazz manouche», affirme Richard Samson.

Ces Ă©mules dĂ©jantĂ©s de BirĂ©li Lagrène et de Django viennent d’ĂŞtre choisis par le Festival international de jazz de MontrĂ©al pour animer le Cabaret 5 Ă  7 qui se tiendra tous les soirs dans la tente-miroir qui sera dressĂ©e sur la nouvelle place des Festivals, angle Jeanne-Mance et Maisonneuve. Ils iront aussi gratter leurs caisses du cĂ´tĂ© du Festival d’Ă©tĂ© de QuĂ©bec les 3 et 4 juillet, et plus tard au Festival international des guitares du monde de l’Abitibi.

«Notre rĂŞve, ce serait de rencontrer Woody Allen, qui va venir jouer avec son band», rĂŞve tout haut Alex, le cadet du groupe, Ă©tudiant en programmation d’ordinateur. MĂŞme si les Ă©vĂ©nements se prĂ©cipitent pour The Lost Fingers, cela n’a pas empĂŞchĂ© son collègue Christian Roberge, 32 ans, de terminer ces derniers mois son doctorat en biologie.

Des projets de tournĂ©es avec Pascale Picard, qui se prĂ©pare Ă  faire le saut en Europe et aux États-Unis cet automne, planent aussi dans l’air. «Pascale a beaucoup aimĂ© jouer avec eux et a lancĂ© l’idĂ©e d’une première partie pour sa prochaine tournĂ©e», confie Samson. Mais au moment d’aller Ă©couter ces trois drilles faire claquer leurs cordes claires dans l’antre de Dupont-HĂ©bert, boulevard Saint-Laurent, jeudi dernier, rien n’Ă©tait encore coulĂ© dans le bĂ©ton. Entre-temps, leur disque atterrira sur les tablettes des disquaires dès le 5 mai.

Joyeuse contorsion musicale, donc, que cette première mouture sur disque des Lost Fingers. Des doigts agiles et moqueurs, évadés dans une décennie musicale qui était presque reléguée aux oubliettes. Parions que Django rira dans sa tombe.


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[Spectacle musical] SOWETO du 25 au 27 avril 2008 au Casino de Paris

Ecrit par media le 25 avril 2008 – 10:50 -

Quand le combat d’un homme devient celui d’une femme, et quand leur histoire d’amour change le destin de tout un peuple, le faisant passer des ténèbres à la lumière…


C’est toute la force de cette comédie musicale, dont le héros n’est rien moins que Nelson Mandela.
Le spectacle raconte les dernières des vingt-sept années que cet homme d’exception a passées au pénitencier de Robben-Island et l’affrontement que se sont livrés à l’extérieur les partisans et les opposants à l’apartheid : Winnie Mandela, qui reprend le flambeau et qui aide son mari à tenir avec toute la passion, parfois excessive, qui la caractérise. Desmond Tutu, l’archevêque militant, prix Nobel de la paix, qui n’hésite pas à mouiller sa soutane. Pieter Botha, l’intransigeant président qui ne jure que par le développement séparé et qui réprime dans le sang la moindre contestation. Frederik De Klerk, partisan au départ comme tous les siens d’une ligne dure, mais qui finit avec le temps par évoluer et par mettre fin au système. Le
petit peuple sud-africain, incarné par deux femmes qui oscillent entre résignation et colère.
L’une, Aubrey Maleka, est noire et l’autre Ellen Sita, métisse indienne.

LES ARTISTES

KARL THE VOICE DANS LE ROLE DE NELSON MANDELA
Karl the Voice, c’est d’abord une voix remarquable et sensible au service d’un chanteur multicarte et généreux. Il sait tout faire - Soul, rap, hip hop, house music, musiques caribéennes - et prend un malin plaisir à multiplier les expériences humaines et artistiques en travaillant aussi bien avec Bob Sinclar, IAM, que Doc Gynéco.

TANYA SAINT-VAL DANS LE ROLE DE WINNIE MANDELA
En 20 ans de carrière, Tanya Saint-Val, monstre sacré de la musique caribéenne, a connu tous les honneurs, en solo, ou en duo, avec Johnny Halliday, Passi, Francis Cabrel, ou Zouk Machine. Elle s’est produite sur les plus grandes scènes du monde, à commencer par la plus mythique de toutes, l’Olympia, et continue d’enchanter son public avec son inimitable timbre de voix.

RALPH TAMAR DANS LE ROLE DE DESMOND TUTU
Ralph Tamar s’est fait connaître avec Malavoi, le célèbre orchestre martiniquais avec lequel il a sillonné le monde, et reste, à ce jour, l’une des plus belles voix masculines de la Caraïbe. Éclectique, il a enregistré avec Kassav et partagé des scènes avec des artistes aussi différents
que Bernard Lavilliers, Tito Puente, Youssou N’Dour, Yuri Buenaventura ou Dee Dee Bridgewater.

MIMI FELIXINE DANS LE ROLE D’AUBREY MALEKA
Mimi Félixine est une artiste complète. Danseuse, elle a participé, avec Mya Frye, au clip de Prince « You’ve got the look ». Comédienne, elle a joué dans « Marche à l’ombre » de Michel Blanc. Chanteuse, elle s’est produite avec Manu Dibango, Johnny Hallyday, Yannick Noah, et a
travaillé pour les studios Disney en prêtant notamment sa voix à des dessins animés, tels que Le Roi Lion.

ORLANE DANS LE ROLE D’ELLEN SITA
La voix d’Orlane a une âme. C’est ce que s’accordent à dire tous ceux qui écoutent cette artiste, de grand talent, qui excelle dans tous les styles de musique, que ce soit le jazz, la chanson française ou le zouk. En dix ans de carrière, elle a travaillé avec les Touré Kunda, et sillonné la Caraïbe, l’Afrique, l’Océan indien, et les Etats-Unis, où elle fait un tabac au sein de la diaspora afro-caribéenne.

LAURENT VIEL DANS LE ROLE DE FREDERICK DE KLERK
Excellent chanteur, comédien charmeur et charismatique. Une force… Tout a été dit sur Laurent Viel, sur sa présence, impressionnante, sur scène et sa voix, étonnante, qui permet aux mots de prendre leur essor et fait merveille à chaque note. Egalement metteur en scène, il passe, avec un égal bonheur, du théâtre à la chanson.

OLIVIER ANGELE DANS LE ROLE DE PIETER BOTHA
Olivier Angèle est un artiste aux multiples talents, à la fois comédien, metteur en scène et chanteur. Il a joué au théâtre dans « Les prétendants » de Jean-Luc Lagarce, au cinéma dans « Régime sans pain » de Raoul Ruiz, ou encore à l’opéra dans « Malcom, ou l’histoire d’un prince ». Il est le co-fondateur du célèbre groupe Angel-Maimone-Entreprise, qui écuma les scènes françaises dans les années 80.

LA TROUPE
Elle est composée de chanteurs et danseurs, sélectionnés à Fort-de-France et à Paris. Le groupe sera basé en Martinique, où s’effectueront, pendant deux mois, les répétitions ainsi que les premières représentations en avril 2008, à l’Atrium, avant la tournée régionale et nationale.

L’AUTEUR
Serge Bilé est journaliste, documentariste et écrivain. Il a publié en 2005 un essai à succès « Noirs dans les camps nazis ». Passionné de musique, il est l’auteur de la chanson « Nouveau Monde » distinguée par la Sacem et enregistrée au profit de l’Unicef par une pléiade de célébrités telles qu’Enrico Macias, Pierre Bachelet, Yves Duteil ou Manu Dibango.


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Maroc. Saida Fikri retrouve son public à Montréal

Ecrit par media le 24 avril 2008 – 10:44 -

Canada, (Starducongo.com)-Plus subtile, plus Ă©mouvante, la diva marocaine Saida Fikri se retrouve une nouvelle fois sur scène. Après avoir entamĂ© une tournĂ©e aux États-Unis d’AmĂ©rique faisant escale Ă  Boston, New York et Arlington en Virginie, elle se produira, le 26 avril courant, Ă  MontrĂ©al au Canada. Ses fans très nombreux, parmi la communautĂ© marocaine, rĂ©sidant au Canada, auront l’occasion de la rencontrer profitant ainsi de bons moments faits de plaisir et de dĂ©lice. Elle leur propose un concert captivant, riche en dĂ©tails et haut en couleurs.



La guitariste chevronnĂ©e laissera encore un fois sa guitare dĂ©couvrir des terres de musicalitĂ©s imaginaires sans pour autant parler de sa voix gĂ©niale. Elle sera accompagnĂ©e par une Ă©quipe bien soudĂ©e de musiciens. Un orchestre de musiciens amĂ©ricains dont l’audace inventive marie les rythmes et les tonalitĂ©s de la musique orientale Ă  ceux de la musique occidentale.

A dĂ©couvrir et Ă  distinguer ces diffĂ©rentes formes d’expressions allant des styles traditionnels Ă  d’autres avant-gardistes qui brassent les sonoritĂ©s les plus admirablement fantaisistes. Saida Fikri est une fervente militante qui continue Ă  faire et Ă  parfaire l’existence d’une musique oĂą s’embrassent le traditionnel, le nĂ©o-classique, le contemporain et l’imprĂ©visible. Ses morceaux constituent des Ă©chos sociaux provocants qui, au fil du temps, sont devenus une rĂ©fĂ©rence populaire, un genre installĂ©, une composition artistique reconnue. A travers une analyse minutieuse de son contenu, sa musique introduit un vrai dĂ©bat culturel gĂŞnant, Ă©quivoque, mystifiĂ© et dĂ©sincarnĂ©.
C’est ainsi que notre artiste a imposĂ© une voix dominante relayĂ©e par une authenticitĂ© de tout un patrimoine. Elle s’est lancĂ©e dans une aventure inĂ©dite et extraordinaire en inventant un nouveau statut et en redĂ©finissant les normes de la sociĂ©tĂ©. Dans l’ensemble, SaĂŻda demeure un bel exemple Ă  suivre. Ses compostions constitue un phĂ©nomène artistique dĂ©diĂ© Ă  plusieurs gĂ©nĂ©rations.

Sa dernière sĂ©rie de concerts aux États-Unis a Ă©tĂ© tout simplement Ă©mouvante. Ce week-end Ă  Arlington, elle a entonnĂ© son public lui offrant un grand moment de chaleur et de flegme. Elle a interprĂ©tĂ© des chansons qui revisitent divers thèmes. Elle a passĂ© en revu des morceaux oĂą l’amour du pays natal, l’expatriation, l’aliĂ©nation, l’exclusion, la marginalisation et la misère s’entremĂŞlent. A son actif elle compte plusieurs albums faisant foi d’un rĂ©pertoire très riche. “Blad Al Kheir”, un hymne Ă  l’amour et au sentiment patriotique macabres la nostalgie du pays natal.

“Ma tournĂ©e aux USA a revĂŞtu pour moi une grande signification puisqu’elle m’a permis de renouer le contact avec le public. L’afflux des Marocains Ă  mes concerts m’a comblĂ©e et rĂ©jouie. L’engouement du public constitue pour moi une source d’encouragement et un stimulus pour continuer mon art et aller de l’avant”, a confiĂ© l’artiste.

Fidèle à son amour pour la musique, Saïda Fikri prépare son avenir tranquillement. Elle entend concrétiser plusieurs projets. Après avoir confirmé sa participation à la 7 ème édition du Festival
Mawazine, rythmes du monde, le 20 mai prochain Ă  Rabat, SaĂŻda se produira dans d’autres festivals au Maroc. Et elle pense Ă©galement Ă  entamer une tournĂ©e vers la fin de l’annĂ©e 2008, dans de nombreux pays d’Europe notamment la France, la Belgique et la Hollande. Bonne continuation ! Et c’est vraiment tout le mal que l’on souhaite Ă  cette artiste peu banale.

Repères

Saida Fikri a entamĂ© sa carrière de chanteuse professionnelle en 1994 en sortant son premier album et en se produisant Ă  Bruxelles oĂą elle a chantĂ© pour la paix et contre la discrimination raciale. Elle s’est produite ensuite et Ă  maintes reprises dans plusieurs pays du Maghreb et d’Europe. NĂ©e Ă  Casablanca, Saida a appris Ă  jouer de la guitare au conservateur de sa ville natale et a commencĂ© Ă  chanter Ă  l’âge de 8 ans. Elle a composĂ© sa première chanson “Aliyam” Ă  l’âge de 14 ans et compte actuellement Ă  son actif huit albums qui reflètent son genre musical alliant rythmes du rock, blues, jazz et chants traditionnels arabes et berbères.


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Milton Nascimento et Manu Katché invités au festival jazz de Saint Germain des Prés

Ecrit par media le 23 avril 2008 – 11:04 -

Le festival jazz de Saint Germain des Prés investit le quartier parisien pour la 8e fois du 6 au 23 mai 2008. Cette année, le rendez-vous promet une programmation riche en pointures du jazz, parmi lesquelles : Milton Nascimento, Manu Katché, Jacky Terrasson et le London Community Gospel Choir.

A chaque printemps, le jazz retrouve son quartier mythique de Saint Germain des Prés, où les plus grands noms du genre ont joué, et propose une programmation éclectique au travers de son festival.
Outre les rendez-vous incontournables du Petit et du Grand Bal Swing, le moment fort de cette Ă©dition est la rencontre entre les frères Belmondo, Victoires du jazz en 2004 et 2005 dans les catĂ©gories “meilleur formation”, “meilleur album” et “prix du public”, avec l’un des plus grands musiciens brĂ©siliens : Milton Nascimento.

Les artistes feront découvrir au public quelques morceaux de leur récente collaboration. Autre spectacle attendu : la formation inédite de Jacky Terrason au piano, avec Manu Katché à la batterie, Pino Palladino à la basse et Jan Garbarek au saxophone. Les cinq artistes se produiront exceptionnellement ensemble pendant deux heures.
La programmation du festival réserve d’autres surprises avec notamment la venue du pianiste prodige Yaron Herman et le trompettiste Ibrahim Maalouf.

Trois jours avant la clôture du festival, l’Eglise Saint Sulpice entendra résonner les chœurs du London Community Gospel Choir, célèbres pour ses collaborations avec George Michael, Manu Dibango, Tina Turner, Blur, Madonna, Diana Ross ou encore Elton John.
Le jazz se déclinera également sous toutes ses formes avec différents artistes à entendre dans les boutiques Starbucks de Saint Germain des Prés. br> Promoteur de nouveaux artistes, le festival sera l’occasion pour la nouvelle génération de participer au Tremplin des Jeunes Talents.
La finale est prévue le 12 mai au Sunset Jazz Club.

Durant toute la durĂ©e du festival, une exposition gratuite “d’Est en Ouest, Route 66″ fera dĂ©couvrir les photographies de Patricia de Gorostarzu Ă  la Mezzanine de l’Alcazar. Les travaux de JĂ©rĂ©my Charbaut et Sophie Leroux seront exposĂ©s Ă  la Bibliothèque AndrĂ© Malraux.
Les billets pour assister aux spectacles sont disponibles dans les points de vente habituels ou sur le site du festival.
8e Festival Jazz de Saint Germain des Prés
Du 6 au 23 mai 2008
Site : www.festivaljazzsaintgermaindespresparis.com


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Tawfik Ouldammar, architecte ès jazz

Ecrit par media le 22 avril 2008 – 10:55 -

Entre Tawfik Ouldammar et le jazz, c’est une longue histoire d’amour, qui n’en finit pas de se renouveler. Une romance qui débute dans les années 70 : le jeune homme est alors un fan assidu de concerts de jazz régulièrement donnés dans les bases militaires américaines installées au Maroc, des soirées gratuites où les novices pouvaient se frotter à des musiciens plus expérimentés.

Il en gardera à jamais une passion pour la musique des la Nouvelle-Orléans, qu’il décide de satisfaire non seulement en tant que mélomane, mais aussi comme musicien. Et pour Tawfik, ce sera le piano, instrument-étalon sur lequel il jette son dévolu en autodidacte, s’exerçant sur ses coups de cœur en notes, de Petrucciani à Chick Corea, en passant par Herbie Hancock.

Des références du jazz classique et libre, qu’il emmène dans ses valises pour s’installer à Toulouse, en France, où il poursuit des études d’architecture. Dans la ville rose, il tâte quand même du jazz rock, vogue du moment, mais seulement “pour se faire un peu d’argent de poche”. Car en puriste, Ouldammar ne conçoit pas le jazz comme une musique festive, ni le piano, “instrument qui se suffit à lui-même”, comme un simple outil d’accompagnement.

Dès son retour au Maroc, en 1980, l’homme s’attelle à développer sa propre vision du jazz, qu’il veut à la fois minutieux et novateur. Hermétique aux clichés, il refuse ainsi que le piano soit étroitement associé aux rythmiques occidentales. Il n’hésite pas à en distiller des harmonies orientales et des musiques “exotiques”, sans céder à la tentation du faux métissage et du folklore facile. “Aujourd’hui, toutes ces musiques qu’on appelle fusion se résument à de simples collages. C’est malheureux : la musique n’est pas étudiée et on sent à l’écoute qu’il y a deux mondes qui jouent en même temps”, déplore le pianiste.

Sa quête, ce serait plutôt d’imbriquer les genres, de fondre les styles pour en faire une seule et même musique. Il se lance dans l’exploration des rythmes marocains, des Ahwash aux Issawa, des Gnawa à la musique andalouse, flâne dans un va-et-vient incessant entre les sonorités et les climats, dans le but de faire naître de nouvelles ambiances, couleurs et émotions. “J’œuvre à créer de la musique descriptive. Quand on l’écoute, c’est un peu comme si on lisait un livre”, détaille-t-il.

Tableaux sonores

Des tableaux sonores que Tawfik Ouldammar avoue préférer peindre en solitaire : “Le jazz est pour moi une musique personnelle”, argumente-t-il. Pour autant, le pianiste ne rechigne pas à se faire accompagner, de temps à autre, d’autres musiciens, notamment pour mieux approcher son public. “La présence d’un contrebassiste et de percussions aide les gens à mieux comprendre la musique, à la suivre plus facilement”, justifie-t-il. Il lui est ainsi souvent arrivé de papillonner, d’une formation à l’autre, le temps de développer un nouveau son, une nouvelle approche du jazz.

Après Jamaâ El Fna, enregistré en quartet, dans un style que ne renierait pas un Keith Jarrett, le pianiste se réfugie à nouveau dans sa tour d’ivoire, opérant un retour au sacro-saint instrumental. En naîtra un second album, 100% solo, intitulé Evasoudaya, que Ouldammar sortira bientôt en autoproduction. Au programme : de l’évasion, comme le suggère le titre, mais surtout une approche différente de l’écriture musicale et de sa complexité. Une musique conceptuelle, où le compositeur s’applique, en bon architecte, à construire tout un univers autour de son idée mélodique. Soucieux d’expliciter ses démarches, Ouldammar joint des commentaires écrits à ses pièces musicales et s’abandonne à des analyses quasi philosophiques. “La musique doit échapper à tout conservatisme et s’inscrire dans une démarche dynamique qui favorise le dialogue et stimule l’originalité”, écrit-il dans le texte de présentation de l’album. Des mots (“parce qu’on ne peut pas tout écrire en musique”, explique-t-il) qui accompagnent les partitions, comme pour exprimer avec le plus de justesse possible l’idée, l’émotion qu’il entend faire passer, avant de laisser parler la musique. “En matière de jazz, un enregistrement permet, contrairement aux partitions, de laisser sa trace. Une trace fidèle, que d’autres pianistes pérenniseront. Peut-être”.


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